Victor Hugo Montaño a quitté le Montpellier Hérault. Un départ loin d'être anodin qui laisse pour l'instant un grand vide à la pointe de l'attaque. Le départ d'un joueur attachant qui a gravi tous les échelons, de l'anonymat à son arrivée d'Istres, au souvenir impérissable d'une frappe léchée dans la nuit de Gerland. Montaño rejoint au panthéon du MHSC son illustre compatriote, Carlos Valderrama. WebMHSC lui rend hommage. Buena suerte Montaño!!!
Ce n'est pas un joueur comme un autre qui vient de partir à Rennes. Pas de ceux venus chercher une gloire éphémère pour rebondir beaucoup plus haut. Victor Hugo Montaño a tout connu au Montpellier Héraut. Il était l'un dernier à avoir joué sous Domergue, Courbis et Girard, avec Pionnier, Jourdren et dans une moindre mesure AïtFana. De l'abyme du National, aux humiliations face à Libourne ou Gueugnon à la Mosson, au soir de la montée contre Strasbourg, à ce final en apothéose au Parc et terminer par un billet pour la Ligue Europa, qu'il ne disputera pas. Le seul petit écueil après cinq ans de bons et loyaux services.
Victor symbolise parfaitement les cinq dernières saisons du MHSC. 2005 - 2006. Deux années de galère et un manque de réussite pour un joueur arrivé sur la pointe des pieds en provenance d'Istres. 33 matches en 2005/2006 et seulement 2 buts en championnat. 26 rencontres de championnat en 2006/2007 pour 5 buts. Le plus important et le plus symbolique reste ce penalty inscrit contre Grenoble au soir de la 38eme journée. Un but vainqueur synonyme de miracle et de maintien en Ligue2. L'arrivée de Courbis fut déterminante pour un joueur en grande souffrance psychologique connaissant alors des problèmes familiaux, sa femme coincée en Colombie.
Montaño devient le joueur de l'automne 2007. Six buts en un mois et demi (quatre en championnat, deux en Coupe de la Ligue). Victor, pourtant relégué sur le banc en début de saison, fait enfin parler la poudre mais va disparaître dès les premiers frimas de l'hiver. Montpellier stagne entre la 5eme et la 10eme place toute la saison, Montaño ne marquera que deux buts lors des matches retour. Pris en main et recadré à l'été par Courbis et Mézy, Victor épure enfin son jeu d'arabesques inutiles et de coups de sang dévastateurs. Un chef d'oeuvre contre Amiens pour lancer la saison, les passes de Costa et surtout de Compan comme rampes de lancement. La Montañomania démarre en Ligue2.
Une fin d'année 2008 à fond les ballons avec des buts à faire hurler la Butte. Cette petite balle piquée en pleine course contre Vannes ou cette frappe enroulée à la Thierry Henry après un penalty manqué contre Sedan. Victor devient le héros de Bollaert avec un but chanceux mais ô combien important au crépuscule d'une rencontre capitale. VHM finit la saison moins en verve. Son dernier but remontant à la 31eme journée, un soir d'humiliation dans le Gard (1-2). Héros de la montée comme tous ses comparses, il termine l'année à la seconde place du classement des buteurs. Il va pouvoir enfin prendre sa revanche avec une Ligue1 à peine entrevue à Istres.
Nouvel entraîneur et un mois de tâtonnement. D'abord côté droit pour soutenir Camara, Victor est rapidement replacé dans l'axe. Un but à Nice sur une merveille de contrôle orienté lui permet d'ouvrir son compteur. Il devient rapidement l'attaquant le plus sanctionné de Ligue1, catalogué comme un joueur impulsif, combatif mais au combien rapide balle au pied. Il explose au grand jour, un dimanche soir devant les caméras de Canal +. Deux buts en seconde période contre Lille. Un de roublard, l'autre plein de talent avec encore et toujours un enchaînement contrôlé orienté - accélération - frappe d'une rapidité et d'une efficacité ahurissantes. Victor s'offre enfin un sublime cadeau de Noël, mystifiant Lloris à Gerland d'une frappe somptueuse en pleine lucarne.
S'il démarre 2010 avec la même efficacité, avec un nouveau but aussi tardif que jouissif à Bollaert, Montaño faiblit encore en fin de saison avec deux buts lors des quatorze dernières journées. Son jeu sans retenue, son abnégation exigeant une condition physique hors normes. Un dernier penalty contre Lorient, trois ans après avoir sauvé le club du National offre pratiquement la Ligue Europa au MHSC.
Victor s'en va désormais à Rennes. Sa protection de balle, ses bras volant dans tous les sens, ses coups de coude rageurs, sa vitesse à faire déprimer Dunjic un soir de Montpellier - Bastia, ses coups francs qui auraient souvent mérité mieux, ses joies de buteur communicatives, son accent de Gringo, ses saluts permanents aux Ultras, sa panoplie de cartons jaunes et rouges, ses penalties parfois loupés, ses lucarnes nettoyées. Montaño nous manquera et fait partie à tout jamais de la grande histoire du Montpellier Hérault. Bonne chance à lui et respect... |