Une saison exceptionnelle, un été du même calibre. Yoann Gourcuff connaît depuis, un gros passage à vide symbolisé par ses penaltys ratés contre le Bayern et le MHSC. Transparent à la Mosson au mois de décembre, sans génie mercredi soir face à l'Espagne, Gourcuff se réveillera-t-il contre le MHSC? A ne pas souhaiter.
Une passe décisive contre l'Olympiakos, pour le coup de boule de Ciani. Cette action d'éclat représente ce que Yoann Gourcuff a fait de mieux en 2010 avec Bordeaux. Il est assez loin le joueur magistral qui en deux roulettes et trois passements de jambes enrhumaient les défenseurs de Ligue1 et d'Europe. Le Breton était-il en surrégime après quinze mois exceptionnel? Gourcuff n'est plus ce joueur plaque tournante de l'équipe, dont le rendement influait sur le destin d'une rencontre. Les Girondins ont malheureusement d'autres pièces maîtresses. La précision de Wendel sur coup de pied arrêté, les débordements de Tremoulinas et Chalmé, la puissance de Ciani, la détente d'un Chamakh.
Sans un Gourcuff au top, Bordeaux a fini 2009 en remportant tous ses matchs tout en faisant preuve d'un froid réalisme. Le match aller symbolise parfaitement cette équipe en pleine réussite. Une accélération de Jussie pour griller Mapou, une frappe croiseé. Les Girondins prenaient les trois points sans briller, Gourcuff hésitant deux minutes, piétinant la pelouse, pour expédier un penalty de pupille asthmatique dans les bras de Jourdren. 2010 a démarré beaucoup plus poussivement.
Se voyant peut-être déjà champions les Bordelais ont perdu des points bêtement, se faisant rejoindre à moins de dix minutes de la fin par l'OM, concédant un quasi-chanceux 0-0 contre Boulogne à domicile, victorieux sans briller (3-1) contre St Etienne et Grenoble, étriller à Rennes (4-2). Deux victoires, deux nuls et une défaite, une élimination en Coupe de France contre Monaco, un billet pour la finale de la Coupe de la Ligue, et une grande constante. Gourcuff quasiment aux abonnés absents. Une moyenne de 4,4 sur 10 pour le journal L'Equipe depuis le mois de janvier en 2010.
Malheureusement, Bordeaux sait sortir la tenue de gala. Efficaces en Grèce, les Girondins sont en passe de se qualifier pour les quarts de finale de la Ligue des Champions (meilleure défense et meilleur bilan européen de la phase de poules). Sans championnat depuis trois semaines, les troupes de Laurent Blanc auront à coeur, de démontrer leur suprématie. Si Montpellier est revenu à sa hauteur, Bordeaux voit surtout dans le rétroviseur se rapprocher dangereusement l'OM et Lyon. Quoi de mieux qu'un choc contre le second pour affirmer sa domination? Quoi de mieux pour un Gourcuff si timoré contre l'Espagne, de refaire parler la poudre? |