Le MHSC se déplace jeudi prochain en Hongrie pour son grand retour en Coupe d'Europe après 10 ans d'absence. L'occasion de se pencher sur son adversaire, Gyor et plus précisément sur le foot hongrois, fleuron mondial des années 50, aujourd'hui en pleine décrépitude. En espérant que les Magyars ne se réveillent pas contre les Pailladins.
C'était une autre époque. Le Général de Gaulle n'était même pas président, la France de la 4eme République était en pleine reconstruction. Le monde était divisé en deux blocs, les communistes d'un côté, les capitalistes de l'autre. La Coupe du Monde venait à peine de reprendre ses droits avec un retour à la compétition en 1950. Une équipe commence alors à terroriser l'Europe, la Hongrie d'un certain Ferenc Puskas (deuxième au ballon d'or en 1960).
Un football total. L'Europe n'est pas encore au 4-2-3-1 mais plutôt au 4-2-4 essentiellement porté l'avant, avec une seule obsession, celle de marquer le plus de buts. Pas de grande rigueur défensive pour des équipes si naïves mais si chatoyantes à regarder. L'acte fondateur de la Grande Hongrie. La première victoire d'une équipe étrangère à Wembley, temple du football anglais. Un large succès, une fessée (6-3) reçue cul nu par le pays fondateur de ce sport. Les Magyars resteront invaincus pendant 28 rencontres jusqu'en 1954.
1954, la Coupe du Monde se déroule en Suisse et les Hongrois survolent la compétition. Deux joueurs se détachent dans cette équipe. Les deux attaquants Puskas et Kocsis. Ferenc Puskas était l'équivalent d'un Zidane ou d'un Platini qui rejoint rapidement le Real de Madrid, allant contre les directives du régime totalitariste dans son pays. Puskas a fait partie avec Di Stefano et Raymond Kopa de cette immense équipe, sûrement la plus grande qui a remporté les cinq premières Coupes d’Europe des Clubs des Champions.
Il ne manquera qu'une chose au palmarès de Puskas : la victoire en finale de la Coupe du Monde. Face à des Allemands étrangement et illicitement survitaminés, les Hongrois s'inclinent (3-2) malgré une pléiade d'occasions et un but hors-jeu pourtant validé pour les Germaniques. La première défaite depuis des lustres, un coup d'arrêt brutal pour une équipe nationale qui ne s'en relèvera jamais malgré une médaille de bronze aux JO de Rome en 1960.
Depuis son passage éclair au Mexique en 1986, la Hongrie n'a plus participé à aucune compétition internationale. Ses clubs redoutés comme le Honved, Ferencvaros, Videoton ou Gyor qui trustaient les quarts ou les demis finales en Coupe d'Europe sont aujourd'hui des faire valoir abonnés à l'élimination lors des tours préliminaires. Méfiance, néanmoins pour les Pailladins. Si les Hongrois sont à des années lumières de leur niveau passé, ils n'en restent pas moins des adversaires coriaces et redoutables. Il suffit de demander aux handballeurs du MAHB qui ont mordu la poussière en Hongrie jusqu'en 2008 avec enfin un premier succès à Veszprém après tant de désillusions et d'éliminations. |