Montpellier affronte dimanche soir une équipe de division d'honneur, Prix les Mézières. L'occasion enfin de briller en Coupe de France après quelques années de disette. A l'exception d'un quart de finale, le MHSC a souvent fait chou blanc, faute de motivation et avec d'autres intérêts en tête. Une Coupe, le meilleur moyen pour ajouter une ligne sur un palmarès.
Trois seizièmes de finale, un huitième de finale en forme d'humiliation à la Mosson contre Vannes, un quart de finale épique contre Rennes et une défaite en prolongations malgré un triplé de Lafourcade, deux éliminations casquettes à Rhône Vallée et contre Dunkerque à domicile. Deux sorties de route dès les 1/32èmes depuis la remontée. Pas grand chose à retenir des relations entre Montpellier et la Coupe de France depuis le changement de siècle. Juste pour l'anecdote et faire sourire, on se souviendra de la série de penaltys malheureuse à Sochaux en 2008 et de la prestation courageuse mais limitée d'un certain Souleymane Camara dans les buts. Mais le bilan est pauvre et assez honteux.
Il faut dire que la Coupe de France n'a pas réellement été considérée à sa juste valeur depuis plusieurs saisons. Quand tout allait mal en Ligue1 au début des années 2000, tout allait mal aussi en Coupe de France. Et quand Montpellier visait la montée comme dans les années Courbis, la Coupe était considérée comme une compétition secondaire, marginale pour la survie du club. On se rappelle aussi la semaine précédant la venue de Dunkerque, modeste équipe de CFA2, Nasser Ouadah signant des deux mains pour jouer à fond la montée et être éliminé. Paroles en l'air reflétant l'état d'esprit général. Le MHSC en marchant, avec une équipe bis, se qualifiant contre Cannes, toujours à domicile après les tirs au but, au tour précédent. Rolland Courbis n'avait au final pas si tort. On n'est plus heureux en Ligue1 qu'après une victoire contre Dunkerque.
Sous l'ère Girard, la Coupe de France a-t-elle été prise à la légère? En 2010, après de fortes chutes de neige, le 1/32ème de finale contre Grenoble est repoussé le jour des 1/16èmes de finale. Avec la promesse d'un déplacement à Vannes trois jours après en cas de qualification pour jouer le tour suivant, tout en enchaînant avec le championnat le week-end. Se déplaçant avec son équipe bis, Collin finissant défenseur central, le MHSC s'incline (3-2) dans la prolongation. Girard reprochant à ses remplaçants d'être aussi efficaces que lors de la venue de Nancy à huis clos en décembre avec une sombre défaite (2-0). En 2011, obnubilé par la demi-finale de Coupe de la Ligue, le MHSC se déplaçait à Reims toujours avec une équipe recomposée. Défaite (1-0) et match calamiteux. Ire présidentielle et reproche d'un stage à Marbella sous un soleil trop clément.
Dimanche soir, le MHSC n'aura pas le droit à l'erreur. Sous peine de faire rire la France entière et d'offrir à son insu l'une des plus belles surprises de la Coupe. Que le second de Ligue1 se fasse tomber par une DH ferait mauvais genre. La pelouse bosselée ou grasse de Charleville ne serait évidemment pas une excuse. Non, Montpellier n'a pas le choix dimanche. S'imposer et passer en 1/16ème de finale, car qui sait? Les bonnes années, un tirage au sort favorable ne vous emmène pas au Stade de France mais peut vous faciliter grandement le travail. Certains penseront à raison peut-être que le MHSC second à la trève pour la première fois de son histoire doit jouer le championnat à fond et ne se concentrer que sur la Ligue1. Mais, on voit mal les Pailladins évoluer sans envie et laisser filer les rencontres si des tirages faciles se présentent. La Coupe de France comme la Coupe de la Ligue ne se refuse pas quand on commence à passer les premiers tours. Peu emballants, il est vrai. Mais tous les supporters ont en tête cette image de liesse montpelliéraine sur la Place de la Comédie... |