 En direct du Stade des Alpes
Spéciale l'ambiance hier soir. Entre colère envers les joueurs grenoblois, parquage pailladin silencieux pendant un quart d'heure, ultras isérois en grêve et fin de match titanesque, la soirée n'a pas été de tout repos. Un vrai bonheur au final.
Spéciale l'ambiance en pénétrant dans le Stade des Alpes. Bien calé dans un virage, diamétralement opposé aux supporters pailladins, à côté des Ultras grenoblois, un endroit parfait pour suivre la rencontre. Les tribunes sont silencieuses, tendues, des banderoles véhémentes fleurissent (Vous êtes à gerber, Bougez vous le cul, On ne va pas rester à Z'Hérault). Les Pailladins ne chantent pas non plus, et en veulent éternellement à la Ligue :"Un stade comme Vous le voulez". Le Vous écrit en rouge, sous les yeux d'une vingtaine de CRS, occupant le haut du parquage. Peu après, un "Un stade comme Nous le voulons" était déployé, animé par quelques fumigènes et des chants constants.
Douze minutes plus tard, les 14000 spectateurs sifflent leur colère, deux buts évitables, une défense gruyère, Montpellier est au paradis, Dzodic marque devant les Ultras, qui se mettent enfin à chanter, quelques fumigènes sont allumés. De l'autre côté, les "Index Démission" fusent des tribunes, Grenoble est au fond du gouffre. Seules les décisions contestées de l'arbitre font l'unanimité du public isérois, les joueurs rentrent aux vestiaires sous une nouvelle bordée d'insultes et de sifflets.
47eme minute, le Stade des Alpes explose après la réduction du score de Ljuboja, qui cristallisait pourtant l'ensemble des critiques, un quart d'heure auparavant. Minutieusement conçu, le stade et son écrin de verre ne perdent aucun son, et au contraire amplifient les encouragements des supporters. Deux minutes plus tard, Dzodic plante une troisième banderille, les tribunes se taisent immédiatement, seul le parquage héraultais se fait entendre "Le Stade avec nous".
La seconde période est tendue, M.Jaffredo toujours autant visé comme on se raccrocherait à ses décisions pour expliquer les sept premières défaites et la situation catastrophique du club. Montaño d'abord avant la pause, Dernis après se frottent avec les défenseurs grenoblois, l'ambiance monte d'un ton sous les yeux désinteressés de l'arbitre ne se concentrant que sur le jeu. Montpellier tient le choc, les minutes mettent du temps à défiler, et ce but à la 92eme change tout.
Le Stade se met à se lever à encourager enfin ses joueurs, pour les 120 dernières secondes, en espérant un miracle. Matsui s'effondre dans la surface, l'arbitre ne bronche pas, vient alors cette série de corners étouffante. Sur le premier Le Crom n'a pas le temps de monter dans la surface pailladine, s'en suit dix secondes interminables où les frappes sont contrées dans les six mètres, où le MHSC plie sans rompre. Sur le second, onze Grenoblois tente un ultime assaut, sans succès, M.Jaffredo siffle la fin du match. Loulou, échoué pendant 90 minutes sur le banc, comme un magnifique cachalot blanc peut enfin essayer de se lever, le MHSC a gagné. Un stade silencieux se vide en quelques minutes.
De Grenoble, bertrandm34. |