"Nous y avons cru jusqu'au bout." Comme la bande de René Girard, les 280 supporters du MHSC (plus nombreux encore que la saison dernière et qu'il y a deux ans) n'auront rien lâché, de la première à la dernière minute, pour tenter de ramener les trois points de Cote d'Azur. Et peuvent désormais savourer le "maintien assuré", dixit Laurent Nicollin, avant de croire à des ambitions européennes plus excitantes. Retour sur la 13ème victoire héraultaise de la saison en championnat vécue depuis le parcage visiteur du Stade du Ray.
248 en 2009, 233 en 2010. Depuis la remontée du MHSC en Ligue 1, les supporters montpelliérains ont battu samedi soir leur record d'affluence dans le parcage visiteur du Stade du Ray. Ils étaient en effet 280. Une bonne partie d'entre eux avaient effectué le déplacement en bus (Butte Paillade et Armata Ultras) ou en J9 (Camarga Unitat), ainsi qu'en voitures. Tous convaincus que Montpellier avait un coup à faire en terre azuréenne. Ils ne s'y sont pas trompés. Et auront assuré l'ambiance, malgré une pluie battante en première période, jusqu'à l'issue du coup de sifflet final. Plus de 3 heures de route ponctuées de plusieurs pauses, une impressionnante escorte de huit fourgons de CRS jusqu'au Stade, et pouvait commencer le débarquement montpelliérain au Ray. Un accueil plutôt tranquille des forces de l'ordre, qui filmeront chaque personne à l'entrée. Celle-ci coûtant 10 euros.
Les capos de la Butte et de l'Armata prennent place sur le grillage du parcage pour faire chanter les troupes. Les premiers chants démarrent avant l'entrée des joueurs. "Allez, Allez, Allez, Et la Paillade, et la Paillade, et la Paillade, Allez, Allez..." suivi de "Allez Paillade Allez" accompagneront la composition des équipes. Un "Tellement Ma Ville est Belle" sera claqué avant le pénalty que manquera Olivier Giroud à la 29ème minute. Il en faut plus pour démotiver les supporters pailladins qui venaient de se jeter en bas de la tribune. Ceux-ci ne se laissent pas démonter par un gardien niçois, Ospina, particulièrement en forme. Et enchainent peu de temps après : "Les pailladins ne lâchent rien, les pailladins reprennent ce refrain. Dans tous les stades, on sera là. Dans tous les stades, ce chant raisonnera..." La mi-temps est déjà sifflée, le sandwich et un coca ingurgités.
"Toujours se déplacer, ne jamais rien lâcher, c'est notre mentalité"
En seconde période, les occasions - à l'inverse des chants du parcage - se multiplient côté montpelliérains. Un "Toujours se déplacer, ne jamais rien lâcher, c'est notre mentalité" sera entonné durant un certain temps. A juste-raison et l'un des capos le relève, le contingent pailladin reprenant en masse ce chant et l'ambiance montant d'un cran petit à petit. Il ne reste plus qu'aux joueurs de marquer pour que la "Première Nord" (nom de la tribune dédiée aux visiteurs) exulte définitivement. L'"homme au mégaphone" avait encore raison. Il fallait être patient, "ne rien lâcher", pour que Montpellier sorte vainqueur au final. La délivrance du but n'en serait que plus appréciée. Chose faite à la 90ème minute. Magnifique percée de Garry Bocaly et frappe pleine lucarne d'Olivier Giroud. Ce dernier, à l'autre bout des fans héraultais, fonce à toute vitesse se coucher vers eux, la main à l'oreille. Il ne reste plus que quelques dizaines de secondes à tenir avant d'obtenir les trois points synonymes de victoire...
Trois minutes de temps additionnel et un dernier coup de stress plus tard, l'arbitre Saïd ENNJIMI siffle la fin de la partie. Le parcage explose de joie. Montpellier vient d'enchainer son quatrième succès consécutif, toutes compétitions confondues, depuis le début de l'année 2012. Contrairement à Annecy, fin décembre 2011, les supporters montpelliérains sont rapidement invités à gagner leurs véhicules. Escortés jusqu'après le département du Var, sans le moindre incident, certains croiseront le bus des dirigeants et joueurs sur l'autoroute. Tous ensemble, ils sont à nouveau prêts à vivre de nouvelles aventures... |