Un défenseur de grande classe et impulsif. Telle pourrait être l'image que nous pourrions garder d'Emir Spahic. De retour en France avec sa sélection pour une rencontre capitale, ce mardi, le Bosnien va peut-être prendre une éclatante revanche. Améliorer une image qu'il a lui-même dégradé de par son comportement sur le terrain. Quel souvenir garderez-vous de Spahic? A vous de nous donner votre avis.
Le destin est souvent taquin. Emir Spahic, banni de la Ligue1, considéré trivialement par certains comme un joueur agressif et violent, revient deux mois après son départ avec sa sélection pour un match capital. Une "finale" pour la première place du groupe et un billet direct pour le prochain Euro en Ukraine et en Pologne. Emir n'est pas revanchard ni rancunier comme on a pu le lire dans L'Equipe. Pas de quoi en effet être trop malheureux pour un joueur actuellement invaincu en Liga avec le FC Séville et capitaine d'une nation prometteuse. Mais de quoi avoir envie de faire taire les journalistes ou chroniqueurs qui s'étaient acharnés exagérément sur son compte.
Spahic laissera une image contrastée dans l'Hérault. Inconnu du grand public, en provenance de Russie, Emir s'est pourtant imposé comme le taulier de la défense dès la venue du PSG, début août. Son but égalisateur de la tête, acte fondateur d'une côte de popularité rapidement au maximum. Spahic joue bien, marque même dès le week-end suivant à Lorient, mais va commencer à faire parler de lui du côté de la commission de discipline pour un coup de coude sur Vahirua. Il s'en sortira blanchi alors que les commentateurs sur Foot + réclamait son expulsion.
Spahic visage assez fermé, mauvais client des journalistes du fait de la non maîtrise de notre langue, fait rarement parler de lui. L'exceptionnel début de saison du MHSC, conjugué avec ses prestations toujours irréprochables en font rapidement l'un des meilleurs défenseurs de notre championnat. Malgré un retour de vacances en janvier retardé volontairement de quasiment une semaine et un match calamiteux en suivant à Monaco, Emir continue sur sa lancée jusqu'au mois de mai. Montpellier qualifié en Ligue Europa n'avait pas eu pareil défenseur central depuis l'époque des Laurent Blanc ou des Julio César.
L'image presque lisse se brouille au mois de juillet. Le mercato et ses rumeurs en tout genre envoie Spahic à Arsenal. Le Bosnien multiplie les déclarations assez sibyllines et fait même un simulacre d'adieux à la Butte après l'élimination contre Gyor. Le montant fixé par les dirigeants décourage finalement les acheteurs et Emir reste à Montpellier. Le MHSC réalise encore un bon début de saison mais Spahic va se signaler pour son double coup de coude sur Nolan Roux. La commission de discipline est beaucoup moins clémente et le Bosnien défendu bec et ongles par son entraîneur, niant l'évidence de la grossièreté de sa faute, prend cinq matchs de suspension. Son image à jamais brouillée.
C'est le point de rupture entre Emir et notre Ligue1. Spahic plutôt malin et irréprochable sur le terrain montre un agacement souvent coupable. Un taquet amical à un arbitre de touche contre Auxerre, un geste d'énervement stupide qui fait valser le carton jaune de Clément Turpin, et un carton rouge ridicule. Spahic sombre définitivement avec un nouveau coup de coude sur Jemaa. La sanction est d'une rare sévérité. Sept matchs pour un récidiviste, pas forcément un scandale mais une décision qui stigmatise les différences de traitement des joueurs devant la commission de discipline. Privé de la finale de la Coupe de la Ligue, Emir manquera le grand rendez-vous de ses deux ans au MHSC.
Entre temps, Spahic semble se brouiller en interne avec Louis Nicollin. Les propos à son encontre tenus par le président lui déplaisent fortement et il songe dès l'hiver à quitter le club. Dans une fin de saison catastrophique, sa sortie contre Monaco restera son ultime apparition sous nos couleurs. Une prestation quelconque et un départ en catimini. Bradé deux millions d'euros d'après la presse, sous-prétexte que son comportement nuisait à l'image du club, Emir restera pourtant dans toutes les mémoires. Délicat de dresser un classement des meilleurs défenseurs de notre club. Une évidence cependant qu'il siègera non loin du podium. |