Alors qu'un tiers du championnat vient de s'écouler, aucune hiérarchie n'est véritablement installée. Grandes équipes en berne, ventre mou qui frise l'obésité avec 19 clubs en 8 points, notre Ligue1 ne ressemble à aucun autre championnat où les clubs les plus puissants écrasent la concurrence. Quel est son réel niveau? La Ligue1 vous passionne-t-elle toujours autant? A vous de donner votre avis.
Un Big Four pas vraiment fort
Marseille qui doute, Paris encore convalescent pour retrouver le goût des grandes ambitions, Bordeaux cahin caha à seulement trois points du leader. Sans parler de Lyon, en crise perpétuelle depuis la mi-août. Les quatre locomotives du foot français n'ont toujours pas trouvé leur bonne carburation dans ce championnat. Trois mois de rodage et aucune équipe dans les trois premiers, la situation est assez inédite. Certes la Bundesliga est aussi ouverte cette saison, et Dortmund rarement à la noce les années précédentes est largement en tête, Lerverkusen et le surprenant Mayence complétant le podium.
Le plus inquiétant réside dans l'absence de jeu. Qui peut dire réellement aujourd'hui laquelle de ses équipes pratique du beau jeu actuellement? A l'exception du PSG, sporadiquement emballant (contre Marseille le week-end dernier), les trois autres formations sont ennuyeuses à regarder. Les supporters français ne demandent pas des enchaînements barcelonais, mais notre Ligue1 et à fortiori nos grands clubs manquent cruellement de grands joueurs pour produire du spectacle.
L'exception lilloise
Quel club rode autour du podium depuis pratiquement dix ans sans discontinuer tout en changeant d'entraîneur et de méthode? Le LOSC de Michel Seydoux. Aprés des années coffre-fort et des déménageurs en défense avec Vahid et Puel, Lille est aujourd'hui la seule équipe en France à poser son empreinte technique sur une rencontre. Des joueurs ultra techniques, aux gabarits non stéreotypés (Hazard, Balmont, Cabaye), un recrutement judicieux (Moussa Sow), le meilleur ami de René Girard, Rudy Garcia, possède depuis deux saisons la meilleure attaque et pourrait bien décrocher la timbale cette année. Le LOSC qui a réussi à conserver ses meilleurs éléments à l'intersaison (Rami, Cabaye, Gervinho), reste d'ailleurs l'équipe qui a fait la plus forte impression contre Montpellier en championnat. Les dernières semaines ont confirmé que l'état de grace stéphanois (et la déroute (3-0) pour le MHSC en découlant) était entrain de prendre fin. A un degré moindre et sans gros moyens financiers, Christian Gourcuff tente d'inculquer une véritable philosophie de jeu à ses troupes.
Un classement des buteurs sans star
El Arabi, Sow, Payet, Nene, Gervinho, Pujol, Gameiro, Pedretti, Ideye et Giroud. Tel est le top 10 actuellement du classement des buteurs. Le seul Gervinho a disputé la coupe du monde. Il est avec Nene, l'unique joueur qui pourrait avoir une place de titulaire dans un grand club d'un autre championnat européen. Niang et Chamakh partis, les stars en Ligue1 se comptent sur les doigts de la main. Lisandro Lopez, Gourcuff pour l'instant en mode mineur, Eden Hazard doivent être les étoiles de notre championnat. Mais l'absence de buteurs de talent explique aussi les scenarii cadenassés de nos rencontres. Montpellier s'est imposé quatre fois (1-0), trois fois sur coup de pied arrêté. Chaque équipe, menant au score, verrouille et recule plutôt que d'inscrire un second but salvateur.
Des treize matchs disputés par les Héraultais, lequel nous a vraiment extasiés de par son contenu? La tension d'un match de reprise contre Bordeaux? Le (0-0) ouvert à Monaco? La seconde période contre Nancy? Le première mi-temps contre le PSG? C'est un comble, mais l'équipe qui a joué le plus à la Mosson se nomme Arles-Avignon, qui ce soir-là méritait beaucoup mieux que cette défaite (3-1).
Une lutte pour le maintien acharnée
Avec 19 clubs en huit points, la lutte pour le maintien sera beaucoup plus acharnée que la saison passée. Si les grosses écuries continuent à dérailler, nous serons peut-être à Noël dans une situation similaire à celle de la Ligue2. Un championnat ultra ouvert où deux défaites consécutives peuvent enfoncer une équipe en eaux troubles et au contraire où deux victoires permettent de rêver à un avenir européen. Avec 22 points en 13 journées, notre leader est le plus faible des 5 grands championnats européens alors que notre 19eme est le meilleur d'entre tous.
C'est d'ailleurs la constante utilisée par les défenseurs de notre championnat. Oui, nos équipes de tête sont plus faibles que les grosses écuries étrangères surendettées mais notre ventre mou est beaucoup plus fort qu'un Sunderland, Osasuna ou Cesena. Si, la hiérarchie pour la descente met du temps à se dessiner, et qu'une dizaine de formations est concernée par le maintien, les matches risquent d'être encore plus fermés et le spectacle de notre Ligue1 d'en pâtir.
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