 Et Loulou se mit à gueuler
Nous revenons sur les moments clés de cette magnifique saison, instants charnières qui ont eu leur importance dans la montée. Pour débuter ce petit retour en arrière, nous nous retrouvons un 12 septembre au Stade Gaston Gérard de Dijon, le MHSC vient d'y concéder sa troisième défaite en six matchs et se retrouve loin, très loin de ses ambitions initiales.
Dijon, sa moutarde et son stade perdu en haut d'un grand parc. Deux semblants de tribune, des grues derrière le but, un squelette de béton armé comme une promesse de nouveaux gradins, un public bon enfant, une équipe locale en mauvaise posture. Montpellier, déjà large victorieux à Reims, a tout pour réaliser une nouvelle fois un grand coup à l'extérieur. Trois points qui effaceraient la déconvenue du lundi, et ce premier gros loupé à la Mosson contre Metz.
Problème majeur, le MHSC et Rolland Courbis se présentent sur la pointe des pieds en Bourgogne. Une seule ambition, tenir le plus longtemps possible et planter un contre assassin en seconde période. Avec le seul Camara en pointe, Montaño et un Compan encore en rodage sur le banc, Montpellier sous les yeux de Loulou et Mézy, n'a rien de l'épouvantail redouté par Dijon.
La première mi-temps est d'une rare tristesse. A l'exception de Sabo, milieu gauche éphémère et remuant, Montpellier attend inexorablement qu'un petit espace ne se crée. Avec un trio au milieu Saihi-Marveaux-Deruda, Courbis, privé de Costa, ne vient pas collectionner les occasions de but, et tatonne encore dans ses choix tactiques. Après 45 minutes léthargiques, Camara sorti sur blessure, le petit point du match nul serait déjà une bonne opération.
L'avantage d'un petit stade est de pouvoir croiser le maximum de monde possible. Engloutissant son sandwich, Philippe Sers apparaît dubitatif sur le potentiel d'un effectif pourtant prometteur sur le papier. Il a presque hâte de rentrer sur Montpellier pour commenter le rugby le lendemain à 14h. Mézy et Nicollin signent mollement quelques autographes, Yann Lachuer s'ennuie (à se demander ce qu'il foutait là), ce Dijon-Montpellier sent bon le traquenard pour un MHSC définitivement marqué par la défaite de Metz.
Si les Bourguignons touchent la transversale dès la reprise, Montpellier grâce aux rentrées de Ouadah et de Montaño retrouve enfin, un semblant de technique. Le match s'accélère, Sabo vendange une occasion en or. Il est tellement rageant de constater qu'avec un minimum de volonté et d'audace, les Pailladins pourraient faire exploser une équipe de Dijon d'où se distiguent Eric Carriere et Pierre Aubameyang.
Les minutes passent et Ouadah envoie Montaño seul dans le dos de la défense. Le banc héraultais se lève, le Colombien est seul, tout seul, mais ne cadre pas sa frappe. Une balle de match en or massif de vendangée, un électrochoc immédiat pour des Dijonnais désormais survoltés. Le spectre de la défaite dans les dix dernières minutes contre Strasbourg recommence à faire suer à grosses gouttes Courbis. Carotti et Dzodic ont beau se multiplier pour dégager en catastrophe, le MHSC recule dangereusement.
90eme minute: un ultime corner est tiré, un ballon mal dégagé, atterrit sur Aubameyang, qui a le temps de contrôler de la poitrine et d'expédier d'une frappe puissante le ballon dans la lucarne de Carrasso. Un salto arrière plus tard, le Stade Gaston Gérard exulte, et les Montpelliérains rentrent la tête bien basse aux vestiaires. Une troisième défaite en six matchs, inquiétant et révoltant pour un prétendant à la montée. Indigne dans l'état d'esprit pour une formation sensée jouée les premiers rôles.
Loulou, le visage plus que fermé disparaît des tribunes, mes voisins bourguignons me saluent d'un air narquois, ce vendredi soir ne peut pas rester sans conséquences. Aucune prise de risque, une ambition d'une équipe de ventre mou, une formation sans âme apparente, Loulou va enfin taper du poing sur la table quelques jours plus tard. La semaine suivante est sanglante à Grammont, et Nicollin promet de couper les têtes de Courbis et de Mézy en cas d'échec contre Sedan.
Un Montpellier révolté s'impose (3-1) et fait voler en éclats les Ardennais. La saison est enfin lancée et le MHSC ne connaîtra plus qu'une seule défaite jusqu'à la trêve. A en féliciter presque Dijon de nous avoir battus et ridiculisés. On aurait presque parler de solidarité et de vertus collectives retrouvées si le score était resté nul et vierge. |