Mardi matin, Louis Nicollin a ratissé large dans L'Equipe. Joueurs, supporters, présidents des autres clubs et surtout René Girard sont repartis avec un magnifique costard taillé sur mesure. Des propos qui ont blessé en interne et qui traduisent la déception présidentielle après l'élimination en Coupe de France à Reims. Cautionnez-vous ses attaques, pensez-vous qu'il a voulu piquer l'orgueil de ses troupes avant un rendez-vous crucial contre le PSG? A vous de vous exprimer dans vos commentaires.
"Le petit quelque chose"
En s'exprimant ainsi sur France Bleu Hérault, René Girard ne pensait pas provoquer une telle réaction de la part de Louis Nicollin. Alors que Laurent Nicollin considérait que la reconduction de l'entraîneur était évidente dans le Midi Libre début janvier, le Gardois a crée le flou en parlant de la sorte. Augmentation de salaire? Une enveloppe financière plus grande pour les transferts? Ces propos sybillins n'ont pas plu à Loulou qui apprécie rarement que ses entraîneurs s'épanchent dans les médias. On se souvient que Nicollin n'avait pas accepté que Rolland Courbis affiche dès le mois d'octobre sa volonté de quitter son poste à la fin de la saison 2008-2009 pour continuer à la radio ou faire du théatre. Loulou avait rapidement préparé la succession en sollicitant Girard dès l'hiver.
Nicollin a balancé ce Scud dans la presse pour démontrer qu'il est le seul patron à la barre. Celui qui prend les décisions cruciales et qui ne se fait dicter aucune consigne. C'est toujours marrant de voir comment il parle du rôle de Laurent. Quand tout va bien, il mettra en avant le travail réalisé par son fils, successeur désigné au rôle accru. Dans les moments délicats, Loulou le père affirme son leadership.
"J'ai l'impression qu'on stagne"
Difficile de cautionner cette phrase. Loulou aurait-il cru que son équipe pouvait chaque année terminer à la cinquième place? Il y a quatre ans, le MHSC était à deux doigts de croupir en National. Après la montée obtenue par Rolland Courbis, René Girard est entrain de pérenniser le club en Ligue1. Une cinquième place inespérée qui récompensait une saison hors du commun. L'aboutissement d'un groupe qui surfait sur la vague de la montée avec un milieu de terrain exceptionnel, Tino Costa, et des attaquants en pleine bourre, Victor Hugo Montaño, Souleymane Camara et Karim AïtFana.
Les deux sud-américains partis, la cellule de recrutement ne s'est pas trompée en prenant Estrada et Giroud. Montpellier a plus de difficulté dans le jeu que l'an dernier mais n'a que six points de moins en championnat tout en étant en demi-finale de la Coupe de la Ligue (le jour de l'interview). La cinquième place a permis de récupérer une manne financière épargnée pour la construction du centre de formation. Loulou n'a pas mis la main au portefeuille pour la première fois depuis des lustres. Parler de stagnation est donc complètement injuste malgré le manque d'efficacité sur le plan offensif.
"Les doubles ou triples primes"
Qui se régale dans les vestiaires en cas de victoire à accepter les doubles ou triples primes? Rituel immuable la saison passée, lors par exemple de la victoire contre l'OM où Loulou avait multiplié par quatre les montants habituels. Des pratiques qui avaient disparu depuis la mi-novembre et le dernier succès décroché à Nice. Que l'on sache les joueurs pailladins ne sont pas les mieux payés de Ligue1 et n'ont pas les primes les plus élevées. A-t-il voulu dès lors piquer l'orgueil d'éléments comme AïtFana, Camara qui jouent en dessous de leur réel niveau? Les joueurs ont fait front et ont affiché dans leurs commentaires d'après match une solidarité sans faille. La volonté de démontrer qu'ils n'étaient pas des tricheurs s'est traduite par le meilleur match de la saison.
Les coups de gueule de Loulou ont par le passé souvent porté leurs friuts. En septembre 2008 alors que le club venait de s'incliner piteusement à Dijon et que Loulou avait répondu au désir de Courbis en prenant Compan, il avait poussé une grosse gueulante dans les vestiaires de Grammont. Le succès et la prestation aboutie contre Sedan (3-1) le vendredi suivant marquèrent le début du renouveau du club. Entraîneur et joueurs mis devant leurs responsabilités comme ce mardi. |