 Que faut-il changer?
Alors que Nicollin joue au pare feu médiatique avec sa déclaration d'amour enflammée à l'intention de Benoît Pedretti, le MHSC vient de concéder à Auxerre sa seconde défaite de rang, pénalisé par une entame de match catastrophique. Une semaine après avoir sombré à Rennes et à quelques jours d'un nouveau voyage délicat à Valenciennes, Montpellier inquiète sur le plan défensif, désarmant aussi de maladresse sur le plan offensif. Alors selon vous que faut-il changer dans cette équipe pour stopper rapidement cette série négative?
Ne revenons pas sur les menaces de Louis Nicollin à l'encontre de Pedretti. Les propos présidentiels nous éloignent d'une réalité peu glorieuse. Le MHSC vient de perdre son deuxième match de rang, certes contre la meilleure équipe de Ligue1 du moment. Montpellier vient surtout d'encaisser 12 buts sur ses quatre derniers voyages, passant du statut de défense hors pair à celui de charnière courant d'air.
Sans chercher des coupables, mais en proposant des solutions, Spahic connaît un gros coup de mou depuis son retour de sélection. Pas forcément illogique pour un joueur qui enchaîne les rencontres depuis août, sans aucun repos ni en club, ni avec son pays, et qui surtout donne l'impression de jouer peut-être avec le frein à main, dans l'attente du barrage contre le Portugal. Il est évident que Spahic, capitaine indispensable pour la Bosnie, ne peut pas se permettre la moindre blessure pour ce rendez-vous crucial pour tout un pays. Ses prestations en club s'en ressentent, comme sur le premier but rennais samedi dernier, où sur le second de Jelen.
Le flottement en défense ne lui est pas totalement imputable. Les latéraux ont pris l'eau samedi soir. Mapou se troue sur le premier but, et a beaucoup de difficultés quand un ailier rapide est face à lui. Après des prestations magnifiques, il connaît lui aussi, une période de moins bien, collectionnant les fautes comme témoignage de sa fébrilité actuelle. Jeunechamp a souffert lui aussi, oubliant Dudka sur le second but. Il a été malmené par Birsa, et malgré des montées constantes n'est jamais parvenu à combiner avec Montaño sur son côté gauche. La question dès lors peut se poser: pourquoi Collin plutôt en forme dès qu'il apparaît sur le terrain, ne ferait-il pas son retour à Valenciennes? Privé de Dzodic à Valenciennes, Girard pourrait titulariser aussi El Kaoutari, intéressant à Nice.
L'entraîneur pailladin a tenté un pari en modifiant son schéma offensif et en incorporant le revenant Delaye. Le 4-2-3-1 n'a pas eu le succès escompté. Avec l'entrée d'AïtFana à gauche et le retour au 4-3-3, Montpellier s'est enfin mis à jouer, à se montrer dangereux sur les côtés, preuve que Marveaux n'est pas un milieu offensif, et que Montaño est plus à l'aise côté droit. Le 4-3-3 doit être conservé, il a fait ses preuves pendant neuf rencontres. Mais en l'absence de Costa, Girard va devoir recomposer le 6 de devant. Belhanda, Pitau et Marveaux au milieu, Dernis, Montaño et AïtFana pourraient être alignés. Si la mise au repos de Belhanda a bien été assimilée, l'absence de Dernis est plus surprenante. Recrue la plus attractive sur le papier, l'ancien stéphanois joue peu, restant sur une impression mitigée contre St Etienne à la Mosson.
Le problème est que l'animation offensive est aussi à la peine. Six occasions franches (deux sauvetages sur la ligne, une transversale, un arrêt du gardien, un centre filant devant le but vide sans avant-centre, un loupé magistral de Costa) pour un but de Dzodic dans les arrêts de jeu, le MHSC ne possède pas ce joueur capable de lui simplifier les rencontres. Dès la 3eme journée et la victoire contre Sochaux, l'éditorialiste de l'Equipe disait avec intelligence que Montpellier peut se compliquer sa saison en jouant sans avant-centre. Le constat aujourd'hui est frappant. Sur les 18 buts marqués, Camara et Montaño n'en ont inscrit que deux chacun, Dzodic meilleur buteur du club avec 4 réalisations...
Que faire alors? Prendre un joker? Pas évident quand on voit que Boulogne a raclé les fonds de tiroir (pour être poli) pour récupérer Matt Moussilou. A ceux qui réclament Pagis, il faut juste rappeler qu'à Rennes il ne jouait plus avant-centre (comme dans ses années nîmoises), mais plutôt derrière un Briand. Doit-on attendre le mercato? Pas sûr non plus, que les dirigeants aient vraiment envie de mettre les mains au porte feuille.
Girard est désormais au pied du mur. Montpellier connaît sa première mauvaise période de la saison, et doit réagir à Valenciennes sous peine de s'offrir un rendez-vous couperet contre Lille. Un point dans le Nord permettrait de stopper une mauvaise spirale, et de ne pas se mettre une pression inconsidérable un dimanche soir devant les caméras de Canal Plus. |