L'entraîneur-adjoint du MHSC, Pascal Baills, a accepté de répondre à nos questions. Une interview très simple d'un Vrai Pailladin qui revient sur le match de Valenciennes, la saison magnifique et le déplacement à Lille. Nous annonçant quelle sera sûrement la charnière, dimanche prochain dans le Nord.
Bonjour Pascal. Comment juges-tu la victoire de dimanche contre Valenciennes? N'est-ce pas un mal pour un bien de gagner dans la douleur?
C'est vrai que nous avons connu un passage délicat d'une demi-heure en première période et un dernier quart d'heure pénible. Mais si Valenciennes a eu des occasions, nous en avons eu aussi. Et puis nous sommes dans une période où il nous faut des victoires.
Comment abordez-vous le déplacement à Lille? Est-ce l'occasion de mettre un concurrent direct à huit points?
(Rires). Nous n'avons aucune pression dimanche. Lille est en retard et doit absolument gagner pour recoller. C'est une très belle équipe dont on connaît les qualités. Mais même s'ils sont logiquement favoris, ils n'ont pas gagné pour autant. Nous avons des qualités et des arguments à faire valoir. Après c'est un match comme un autre, il en restera huit après.
Une incertitude règne au niveau de la défense. Quelle sera la charnière alignée?
Nous devrions aligner Mapou et Abdel El Kaoutari.
Ce sera leur baptème du feu en Ligue1, après un match de coupe contrasté à Grenoble. Tu n'es pas inquiet?
En Coupe ils ne sont pas impliqués sur les deux buts encaissés avant la sortie d'Abdel sur blessure. (Mapou assez juste sur le centre tir de Ljuboja sur le second, NDLR). Ils ont joué 75 minutes ensemble et avaient donné satisfaction face à un attaquant du calibre de Ljuboja. Nous avons toute confiance en ces deux jeunes joueurs qui ont pris de l'importance depuis le début de la saison.
Finalement quels sont les objectifs du MHSC pour la fin de la saison? Toujours prendre du plaisir, sans trop se soucier du classement?
Non. Si nous ne finissons pas dans les cinq premiers, ça serait une déception. Maintenant, il y a des équipes comme Lyon ou Bordeaux, beaucoup plus légitimes que nous, pour afficher des grandes ambitions.
Pour avoir vécu la formidable aventure de 88, trouves-tu des similitudes à ces deux épopées?
Sur le plan sportif pas vraiment. En 87-88, nous avions eu d'abord de grosses difficultés en déplacement, avant que tout s'accélère et que nous finissions en boulet de canon au printemps. Cette saison au contraire, nous sommes beaucoup plus réguliers. Chaque mois, nous nous demandons où nous en serons le mois suivant. Par contre, c'est au niveau de l'état d'esprit qu'il y a le plus de ressemblances. L'éclosion d'une jeune génération qui n'a aucune expérience en Ligue1. Un recrutement de joueurs cadres comme Julio Cesar, Pitau ou Spahic et un formidable état d'esprit.
Comment abordes-tu ton rôle d'adjoint, tu commences à collectionner les entraîneurs?
C'est vrai que j'en suis au cinquième (Mézy, Bernardet, Domergue, Courbis et Girard). C'est à chaque fois complètement différent. Les joueurs ne sont pas les mêmes, les entraîneurs n'ont pas toujours le même profil, certains plus porté sur le terrain que d'autres. Maintenant je dois être le lien entre l'entraîneur et les joueurs. C'est à moi de m'adapter et à faire mon job le plus consciencieusement possible.
On entend les médias dirent que les joueurs sont fatigués et ne sont plus frais physiquement?
Nous sommes fin mars. Alors évidemment nous n'avons pas la même fraicheur mentale et physique qu'au mois de mars. C'est à nous de les maintenir au top pour les dernières échéances.
L'an passé on a entendu que le mauvais mois de janvier (défaite à Amiens) provenait d'un travail foncier important et d'un pic de forme pour février (victoire à Boulogne (3-0) et pour être à fond au moment du sprint final? Qu'en est-il cette année?
Il faudrait qu'on soit en forme toute l'année. (Rires). En juillet, on te dit qu'il faut être en forme au mois d'août, puis en août on te dit qu'il faut être à fond en septembre. La rengaine est la même pendant toute la saison. On ne vise pas une préparation en décrétant qu'à tel moment, on sera au maximum.
Mais comment s'est déroulée la trêve hivernale avec un calendrier compliqué en janvier?
On établit un programme précis en fonction du nombre de jours disponibles pour travailler. Ensuite contre Monaco pour la reprise, les Sud Américains venaient à peine de rentrer, Spahic a eu du retard. On en prend quatre, mais on fait une première mi-temps honorable, où on peut rentrer au vestiaire à (1-1). Il ne faut pas forcément tirer de grandes conséquences sur une telle rencontre.
On voit pourtant Bordeaux ou Lyon revenir en forme pour la Ligue des Champions. Lyon semble régénéré après quelques jours en Tunisie début janvier?
Bordeaux ne se qualifie que (1-0) et (2-1). Lyon ne pouvait pas s'entraîner avec le froid et a du chercher des conditions favorables en Tunisie. Ce sont aussi des équipes avec des effectifs très fournis avec des Internationaux à gérer, des calendriers surchargés. Ils doivent forcément plus travailler en profondeur pour essayer d'être en forme à des moments clés. Nous, l'objectif est de mettre les joueurs dans les meilleures conditions possibles et de laisser éclore la jeune génération.
N'y a-t-il pas un risque de voir le MHSC se faire piller ses pépites à l'intersaison?
Il nous faudra être intelligents pour les conserver. C'est le travail de l'équipe dirigeante. Après, nous devons nous renforcer. Il nous faut prendre trois joueurs, qui devront apporter un réel plus à cet effectif.
Pour finir Montpellier reçoit Monaco après Lille. Comme c'est une grande année, ça sera l'occasion de les battre enfin à la Mosson?
Il paraît que c'est notre bête noire, que c'est une équipe qui ne nous réussit pas. On a une revanche à prendre après le match aller, et si on peut les battre ça sera sympa. Mais avant tout, faisons déjà un bon résultat à Lille.
Propos recueillis par Mathieu |