Auteur de la chanson "La Paillade", Mister Moor a fait le buzz ces derniers mois auprès des supporters montpelliérains. Avec plus de 10.000 écoutes sur la plate-forme YouTube, il savoure le succès de ce premier titre et travaille actuellement sur un deuxième morceau, toujours aussi engagé contre la répression faite aux Ultras. Rencontre.
Salut Mourad. Pour commencer cette interview, peux-tu te présenter à nos lecteurs (depuis combien de temps supportes-tu le club, quel est ton meilleur souvenir...)? Je m'appelle Mourad alias Mister Moor, originaire du Limousin. J'ai 30 ans, je suis venu m'installer à Montpellier avec ma femme et mon fils en 2007. J'écris des textes et je rappe depuis mes 16 ans, sur différents styles de musique. Quand j'étais footballeur à la Grande Motte, je séchais les entrainements pour pouvoir suivre les matchs de Montpellier qui évoluait alors en Ligue 2. Je supporte donc le MHSC activement depuis 2007, le fait de connaître Karim Aït-Fana ainsi que son parcours, m'a donné envie de continuer de suivre ce joueur en pleine révélation. Je viens du même endroit et nous avons de la famille et des amis en commun. D'où l'affection que j'ai pour ce joueur. L'un de mes meilleurs souvenirs est le match contre Strasbourg, pour la montée en Ligue 1. J'ai aussi vibré lorsque Karim Aït-Fana a marqué un but contre Marseille : j'étais placé à quelque mètres. La saison 2009-2010 a été riche en émotion.
Comment t'es venue l'idée de faire cette musique "La Paillade"? Dans la vie, j'écris mes textes selon certains événements qui me touchent. La chanson « La Paillade » reflète une certaine injustice que j'ai vécue avec d'autres supporters montpelliérains, lors d'un déplacement à Saint-Étienne la saison dernière (plusieurs dizaines de supporters pailladins avaient alors été interdits de stade, ndlr). Je tiens à préciser que je suis un supporter indépendant qui soutiens l'ambiance familiale et amicale du groupe Armata Ultras, la festivité et l'engagement du groupe Butte Paillade. C'est notamment pour cette raison qu'ils font partie de ma chanson et que je leur dédicace ce morceau.
"Je revendique le fait que l'on puisse interdire sans aucune preuve valable" Les paroles évoquent notamment la répression des Ultras. Quelles revendications défends-tu? Lors de certains déplacements, j'ai pu être choqué de l'accueil des forces de l'ordre, même si je conçois qu'une sécurité est nécessaire, j'ai du mal à comprendre que pour un agitateur, c'est un groupe entier qui paie. Dans ce morceau, je revendique le fait que l'on puisse interdire des personnes de stade sans aucune preuve valable.
Après le succès de ton premier titre sur le MHSC, d'autres projets sont-ils d'actualité? Actuellement, je travaille sur un deuxième morceau « L'histoire d'un supporter en première page des faits divers », suite à l'interdiction abusive de stade, dont je faisais partie. Le 2 mai 2010, lors de la rencontre Montpellier - Lyon, je devais me présenter pour un pointage au commissariat. Cela devait se faire à la mi-temps, mais pour un retard justifié que la police n'a pas voulu entendre, j'ai été encore une seconde fois victime d'un abus de pouvoir (convocation au commissariat, garde à vue, tribunal...).Voilà le thème de mon second morceau.
Comment vois-tu le match de dimanche, face à Caen? Pour le match de dimanche, je ne suis pas inquiet, mais je pense qu'il faut que l'on prenne en compte leur bon départ en championnat (deux victoires consécutives, ndlr), donc il faut rester vigilant! Allez la Paillade!
Le mot de la fin? Il est vrai qu'en deux mois, j'ai eu plus de 10.000 écoutes sur YouTube, avec des commentaires de soutien très encourageants. Je tiens à remercier tous ces gens qui me suivent et me félicitent. Je suis aussi content de voir des personnes qui ne sont pas attirées par le rap et qui ont aimé mon morceau. Mes deux titres seront très prochainement disponibles sur CD. « Moi j'fais partie d'ces supporters qui viennent casser leurs cordes vocales... » Mentalité Los Paillados.
Propos recueillis par Guillaume. Un grand merci à Mourad pour avoir répondu à nos questions. |