Défaits (1-0) face à Lyon, le MHSC lutte désormais avec les Girondins de Bordeaux pour le dernier billet qualificatif pour la Ligue Europa. A trois journées de la fin, avec deux rencontres en quatre jours, Montpellier apparaît diminué physiquement et moralement, mais conserve mathématiquement toutes ses chances. Alors croyez-vous encore à l'Europe? Elements de réponse.
La motivation de Bordeaux
De l'aveu même de Didier Deschamps, le tournant de la saison de l'OM a été l'élimination en Ligue Europa. Sorti par Benfica, Marseille a enfin eu un calendrier dégagé, alors que Lyon et Bordeaux continuaient leur chemin épuisant en Ligue des Champions. Alors que l'effectif et le staff risquent d'exploser à l'intersaison, Bordeaux ne risque pas d'avoir une motivation optimale pour décrocher la cinquième place. La Ligue Europa serait plus un fardeau peu lucratif qu'un joli lot de consolation pour une équipe sensée conserver son titre de champion en janvier. C'est d'ailleurs tout le paradoxe du foot français. Se battre toute la saison pour terminer dans les cinq premiers, subir durant l'automne l'accumulation des matches de poule, se plaindre de cette Ligue Europa peu reluisante, sans pour autant être capable de la gagner. Le MHSC, lui, ne devrait avoir que cette cinquième place dans le viseur, synonyme d'exploit et de récompense pour un petit promu.
Du sang frais? Quel sang frais?
René Girard a promis d'injecter du sang frais après la défaite douloureuse contre Lyon. Mais quelles réelles solutions alternatives? C'est la même rengaine depuis plus d'un mois: le MHSC n'a pas de banc de touche. Koita et Belhanda sont prometteurs, peut-être mais n'ont jamais été décisifs. Lacombe et Dernis sont aussi peu utilisés que convaincants. Alors quelles possibilités pour enchaîner Sochaux et Lorient en quatre jours? Montpellier est à la peine physiquement. L'équipe démoniaque en seconde période en 2009 a laissé place à une machine beaucoup plus poussive. L'absence de réaction contre Lyon démontre peut-être que le ressort moral est cassé. Girard fera-t-il confiance à un autre jeune comme Cabella? Plutôt que du sang frais, ce sont les têtes qu'il faudrait revitaliser.
Une spirale de plus en plus négative
C'est le paradoxe du duel à distance Bordeaux - Montpellier. Les deux équipes ont un rythme de relégable depuis dix journées. La victoire contre Toulouse marque-t-elle le réveil des Girondins, ou n'est-ce qu'un simple sursaut à l'image du succès des Pailladins contre Valenciennes? C'est tout le piquant de ces trois dernières journées. Le calendrier des deux formations n'a rien d'insurmontable. A Nice, contre Sochaux et à Lens pour Bordeaux. A Sochaux, contre Lorient et au PSG pour le MHSC. Mais les Girondins ont déjà sombré face à ce genre d'équipes présumées démotivées (défaite (1-2) à domicile contre Nancy ou (2-0) à Valenciennes). Bien malin celui qui parviendra à donner le total de points pris Bordeaux d'ici la fin du championnat. De l'autre côté, Montpellier n'avance plus. La baisse de régime est aujourd'hui inquiétante. Comme si la fin de saison arrivait à point nommé pour le promu. C'est une réalité sans faille. Les équipes surprises finissent toujours par caler à un moment donné. Nice en 2003 avait sombré en janvier, les Pailladins ont eu le mérite de tenir jusqu'en mars. Auront-ils assez d'essence pour atteindre à bon port le Parc des Princes dans deux semaines? Pas évident.
Un tournant raté contre Lyon
Le sprint final, les Montpelliérains le font au rythme d'un coureur de 100 m français, alors que Marseille ou Auxerre le disputent façon Usain Bolt. Pourtant, tout aurait pu enfin redémarrer par une victoire contre Lyon. Battre à la Mosson, le demi-finaliste de la Ligue des Champions, le tenir à distance raisonnable, tout comme Bordeaux. Montpellier aurait pu partir à Sochaux, le moral regonflé par un petit matelas de sécurité. Lundi matin, Montpellier se retrouve hors de la zone européenne, ce qui n'était pas arrivé depuis la rouste subie à Monaco (4-0). Comment revigorer le moral d'une équipe sans victoire depuis le 21 mars? Un coup de gueule de Loulou, qui apparaît résigné? Montpellier réussit une excellente saison et son président semble se contenter d'une magnifique sixième place. |