Ce n'est pas une saison comme les autres. Comment revenir au score à la 93eme minute alors qu'on a loupé deux penaltys, qu'on joue à onze contre dix et qu'on est mené sans réagir? Sentiment paradoxal ce soir. Le MHSC avait tout pour faire un grand coup, et a manqué des occasions en or. Au final le coup franc de Costa se présente comme un miracle inimaginable. Ce petit point glané à Bordeaux vaut moralement de l'or. Toujours seconds les Pailladins doivent s'imposer contre Auxerre.
Soyons un brin pragmatique et ne conservons que le résultat final de cette rencontre. (1-1) à Bordeaux, une égalisation dans les arrêts de jeu. Montpellier continue à enquiquiner la Ligue1, s'accrochant solidement à sa seconde place. Alors que deux matches à la Mosson arrivent pour bonifier ce petit point, tout devrait baigner... Impossible cependant d'occulter le scenario d'une rencontre complètement folle. Deux penaltys ratés, une heure en supériorité numérique, un but de Chamakh, une incapacité totale à approcher la surface de Carrasso. Une défaite quasiment consommée avant que Costa ne se rachète et offre une bouffée d'oxgène salvatrice.
Comment le MHSC se serait relevé d'un tel match en cas de défaite? Ce Bordeaux-MHSC aurait pu rentrer dans l'histoire du club au chapitre des cauchemars bien au chaud entre la demi finale de Nîmes et le (5-4) à Marseille. Au final on se contentera largement de ce (1-1). Montpellier est encore en vie et c'est bien l'essentiel. Pourtant il est indispensable de retracer le fil d'une rencontre si bien entamée par les Héraultais. Le MHSC si efficace dans son rôle de petit poil à gratter des grosses écuries.
Malgré une première frayeur signée Cavenaghi, reprenant un coup franc enroulé de Gourcuff, obligeant Jourdren à un sauvetage en catastrophe, Montpellier s'installe petit à petit dans la rencontre. Une entame timide, mais un volume de jeu en constante progression. Bordeaux est peu souverain, le rythme du match constamment haché par une succession de fautes. La copie conforme de Gerland semble se dessiner. A la 31eme minute, Jeunechamp lance dans le dos de la défense Montaño. Le Colombien est fauché par Ciani dans la surface. M.Bré inflige la double peine. Penalty et carton rouge.
Costa s'élance. Sa frappe puissante, trop au centre, est boxée par Carrasso. Premier coup de massue. Le match se tend inexorablement. M.Bré distribue du carton comme un militant distribue un tract pour les élections. Costa et Chalmé voit jaune. Laurent Blanc fait rentrer Sane pour réorganiser sa défense. Le MHSC ne se décourage pas et continue à pousser. A la 39eme minute, Marveaux centre pour Montaño. La tête du Colombien est volontairement smashée par Chalmé qui n'est pas expulsé. Second penalty.
Montaño s'élance et prend à contre pied Carrasso. M.Bré n'accorde pas le but, AïtFana et un Bordelais quasiment au niveau du Colombien avant qu'il ne frappe. Montaño s'élance à nouveau et réalise la même frappe que Costa. A gauche de Carrasso, en force quasiment au centre. Une offrande pour le gardien bordelais qui devient le héros de Chaban Delmas. Le MHSC est KO debout. Beaucoup d'amertume en rentrant au vestiaire. Beaucoup trop de fragilité en revenant sur le terrain.
Montpellier ne joue plus. Bordeaux domine la rencontre et va ouvrir le score à l'heure de jeu, sur un nouveau fait d'arbitrage. Au milieu du terrain, Spahic se blesse dans un duel aérien avec Gourcuff (qui a fait le dos rond pour que le Bosniaque tombe). M.Bré siffle dans la foulée une faute et un carton jaune pour Camara. Spahic sort se faire soigner selon le règlement. Le coup franc est vite joué. La longue transversale aux vingt mètres est mal repoussée par les Pailladins. Chamakh sans contrôle expédie un boulet de canon au ras du poteau de Jourdren. Le pire tellement prévisible vient d'arriver.
La dernière demi-heure est une lente agonie. Regarder onze zombies errer sur la pelouse face à dix Girondins souverains et dangereux. Une frappe croisée de Sertic détournée par Jourdren, un cafouillage au point de penalty, Montpellier est désolant de passivité. Les rentrées de Belhanda, Bocaly et Dernis sans grands effets. Il faut donc attendre la 93eme minute et ce coup franc de près de 30 mètres. Costa décide de le tirer en force. Il transperce le mur et troue un Carrasso auteur d'une magnifique toile. Le MHSC égalise. C'est inespéré.
Ce scenario rentre finalement dans l'histoire du club et rejoint la première journée contre le PSG au rang des égalisations désespérées. Montpellier aurait pu trépasser à Chaban Delmas. Ce petit point permettra de préparer en toute sérénité la venue d'Auxerre. LE grand choc pour les places européennes.
L'homme du match Spahic 6,5 Spahic absent, la défense a pris l'eau. Il a assisté du banc de touche au but bordelais. Il a été par la suite vraiment bon. L'un des rares à surnager en seconde période, a essayé d'aller de l'avant.
Jourdren 6 Jeunechamp 5,5 El Kaoutari 5 Spahic 6 Yangambiwa 4,5 Jourdren sort un bel arrêt face à Cavenaghi à la 4eme minute, et l'arrêt nécessaire face à Sertic à la 82eme minute. Impuissant et masqué sur le but, il ne peut pas effleurer la frappe puissante de Chamakh. Jourdren aura néanmoins sauvé les siens, quand l'équipe s'est arrêté de jouer en seconde période. Jeunechamp a beaucoup débordé, offre la balle de but à Montaño sur le premier penalty. Beaucoup plus en difficulté en seconde période. A eu du mal à trouver son attaquant, les permutations entre AïtFana et Camara ne l'aidant pas. El Kaoutari passe une soirée pratiquement tranquille. Les Bordelais peu dangereux, rapidement réduits à dix. Le problème est qu'il est dans le coup sur le but de Chamakh, à l'origine d'un duel perdu. Une fin de match assez poussive, l'international marocain pesant dans l'axe. Mapou est venu une fois dans l'axe pour soutenir El Kaoutari, ça a entraîné le but de Chamakh. Mapou a essayé de déborder sans réussite. A collectionné des fautes inutiles et quelques imprécisions.
Pitau 5 Marveaux 5 Costa 5 Costa réalise un match ultra médiocre. Complètement hors de la rencontre après son penalty raté. Heureusement qu'il sauve la maison et qu'il se rachète dans les arrêts de jeu (d'où le 5). Son volume de jeu retrouvé contre Rennes a disparu. Marveaux a été le plus offensif. A l'origine du centre pour la tête de Montaño sur le second penalty. Moins en vue en seconde période, remplacé par Belhanda ultra discret. Pitau a fait son match, avec quelques pertes de balle dans l'axe en début de match, et un manque d'allant sur le plan offensif. Si Montpellier a beaucoup balancé durant la seconde période, c'est aussi parce que son milieu de terrain a été globalement inférieur aux Fernando et autre Gourcuff.
AïtFana 4 Montaño 4 Camara 4 AïtFana a été d'une grande discrétion. Il n'a pas pesé sur son côté, que ce soit à gauche ou à droite en seconde période. Sa technique ne lui a jamais permis d'être en position idéale soit pour centrer soit pour tenter une frappe. Rentre beaucoup trop dans la surface sur le premier penalty de Montaño Montaño est dans le coup sur les deux penaltys. Soit par sa vitesse soit par sa détente. Problème, il a manqué sa deuxième tentative, alors qu'il est vrai, la première était victorieuse. Après cet échec il a complètement disparu de la pelouse, ne touchant que beaucoup trop rarement le ballon. Camara a essayé de frapper (jamais cadré), de déborder, sans grand relief. Le travail défensif de Camara n'a pas été de la même qualité. Une prestation plus que moyenne.
Les remplaçants Belhanda (non noté) Bocaly (non noté) Dernis (non noté) |