Rarement dans l'histoire du club, Montpellier n'a donné l'impression de maîtriser autant son art. Une aisance, une insolence qui transportent les supporters vers les rêves les plus fous. Jusqu'où les Pailladins nous emmèneront? Prochaine étape à Valenciennes.
Qui aurait parié ne serait-ce un euro sur une telle destinée? Qui aurait misé sa chemise, imaginant une seconde que Montpellier se baladerait début décembre en tête de la Ligue1? Comment une équipe aux portes de la relégation s'est transfigurée en une machine à gagner qui ne fait plus sourire mais qui impressionne? Comment une formation peut être aussi ennuyante et poussive et six mois plus tard rentrer dans le Top 5 des meilleures attaques européennes? Le traumatisme d'une finale de Coupe de la Ligue perdue peut-il être la seule cause d'une fin de saison catastrophique? L'arrivée à maturité d'un groupe quasiment inchangé depuis deux saisons explique-t-elle ces soirées magiques? Quoiqu'il arrive et sans trouver l'explication rationnelle à une destinée hors du commun, le MHSC nous fait rêver.
Rêver car le supporter n'a pas été habitué dans sa grande majorité à connaître de tels frissons. Pas ou plus habitué diront les plus anciens qui repensent immédiatement à la troisième place de 1988, la victoire en Coupe de France en 90, et ce parcours épique jusqu'aux portes du dernier carré en Coupe d'Europe l'année d'après. Mais depuis vingt ans, les moments de gloire s'étaient raréfiés, Montpellier rentré dans le rang de la première Division ou de la Ligue1. Le foot prenant définitivement un côté business empêchant les clubs familiaux de concurrencer sur le long terme les écuries financièrement armées jusqu'aux dents. Deux descentes douloureuses, un quasi naufrage en National et la renaissance un soir de Mai 2009, et cette victoire qui a permis enfin au club de renaître.
Une renaissance mais pas seulement. Car l'effet de la montée s'est estompé. Ceux qui considéraient que Montpellier, cinquième en 2010 surfait sur la vague épique de la folle soirée contre Strasbourg, ont compris l'importance de René Girard. Un entraîneur qui cadre parfaitement aux valeurs du club et qui peut s'appuyer sur le travail faramineux réalisé par le centre de formation. Le Gardois construit une équipe fidèle à son image et à surtout à celle de la Paillade, La combativité et la solidarité agrémentées surtout d'une énorme touche de talent individuel. Une équipe qui renverse tout sur son passage et qui fait la nique à Lyon, Marseille ou un PSG version Qatar, déjà en crise. Le club chahuteur et bagarreur des années précédentes donne un coup de fraîcheur à notre championnat.
Petit souci et non des moindres. Dans un torrent d'images de liesse, d'articles de presse lus et relus avec délectation, dans ce concert de louanges, il reste encore vingt-deux journées de championnat à disputer. Montpellier tient un potentiel hors normes et le sait désormais. Cette équipe a démontré qu'elle n'avait peur de personne et pouvait comme face à Lorient en une action mettre KO définitivement son adversaire. Il lui faudra encore et encore cravacher pour rester sur les cimes de notre championnat. A commencer dès samedi soir à Valenciennes où ils devront se frotter à l'instinct de survie d'une équipe en plein doute. Ainsi, la route est encore longue pour rentrer dans l'histoire. Mais c'est les yeux fermés que nous irons tous au paradis. |