Les défaites concédées à Valenciennes et contre Evian, mercredi, cadrent mal avec le début de saison exceptionnel des Pailladins. Privés d'un titre de champions d'automne, les Héraultais ont réalisé un mois de décembre très décevant voire inquiétant. Redevenant une équipe "banale", dès que discipline et combativité faisaient défaut. La froide colère de René Girard en conférence de presse illustre les doutes voire le pessimisme de quelques supporters se demandant quel MHSC se présentera contre Lyon en janvier pour la reprise de la Ligue1. D'autres pensent au contraire qu'il s'agit d'un coup de mou et que la trêve permettra de les relancer.
René Girard n'a pas mâché ses mots à Annecy. "J'ai vu mon équipe insipide et je n'aime pas ça du tout." L'entraîneur pailladin, qui espère que la défaite n'ait pas été due à "des têtes qui enflent trop vite", déclarant avoir dit à ses joueurs qu'il avait "un grand plaisir de pas les voir de quinze jours". Le Gardois était déçu comme tous les supporters, voire même assez dubitatif de la prestation de ses troupes. Comment une équipe capable de se ballader contre Lorient, d'aller s'imposer à Caen ou Sochaux a-t-elle pu se faire balayer en sept minutes? Sans faire injure aux Haut-Savoyards, Evian est loin, très loin d'un candidat à la Ligue des Champions. Le promu a pourtant croqué tout cru un leader de Ligue1 qui n'en était plus un.
Le costume était-il trop grand? La pression du titre de champion d'automne était-elle trop forte? Les joueurs se sont-ils vus trop beaux? Le groupe est-il fatigué? René Girard a six jours de vacances pour décortiquer le coup de mou actuel d'une formation mise à mal quand elle ne respecte pas quelques fondamentaux. Montpellier a été dominé dans tous les secteurs à Valenciennes, encaissant un but sur une erreur d'inattention générale. Bis repetita contre Toulouse avec le but de MBengue, consécutif à une mauvaise passe de Dernis. On passera outre les vingt mètres en solo du latéral toulousain, jamais inquiété avant d'enrouler sa frappe. La rencontre d'hier rassemblant l'ensemble des défauts. L'incapacité à fermer le jeu et à tenir un résultat. L'incapacité à mettre le pied sur le ballon et à diriger les débats. L'incapacité à réaliser un zéro faute en défense, avec des boulevards assez consternants. Sans oublier aussi d'importantes erreurs d'arbitrage qui auraient pu être un tournant dans la suite du match.
Mais faut-il pour autant oublier les seize précédentes rencontres?
Montpellier a fini l'année sur trois mauvaises notes, présente un visage assez inquiétant au mois de décembre. Mais faut-il pour autant oublier les seize précédentes rencontres? Dur à penser après ce lourd (4-2), mais Montpellier avec 37 points est toujours en seconde position au classement. La réception de Lyon pourrait permettre de creuser un petit écart avec un adversaire direct, et de relancer définitivement la machine. Qui on l'espère ne connaîtra pas de trou d'air dans les Ardennes contre une DH en Coupe. Le stage à Marbella et les quelques jours à Grammont ne seront sûrement pas de trop pour remettre certaines choses à plat.
Car il est une réelle certitude. Même si le maintien est mathématiquement quasiment assuré (à cinq ou dix points près selon les saisons), le mois de janvier sera crucial pour lancer le restant des matchs retour. Une mauvaise série, les départs à la CAN et les quatre premiers mois idylliques pourraient être balayés avec un retour à l'ordinaire immédiat. Pour garder le moral, on se souviendra que Montpellier avait encaissé quatre buts et avait été humilié contre Monaco pour débuter 2010. Une défaite (4-0) qui avait fait beaucoup parlé. Cinq matchs plus tard, Montpellier avait quinze points de plus dans la musette et surfait sur la vague d'un succès (2-0) contre l'OM. Certaines grosses déconvenues sont parfois salvatrices. |