 Les maîtres de la Mosson
Montpellier a souffert mais a obtenu une précieuse sixième victoire de rang à la Mosson, en venant à bout du Mans (2-1). En supériorité numérique après l'expulsion de Dossevi, les Pailladins se sont endormis en seconde période, concédant l'égalisation avant de s'imposer grace à un but de Compan. Une victoire reléguant leurs adversaires du soir à 18 points. Le MHSC s'installe dans les cinq premiers.
27 points en 14 matchs, un rythme de prétendant à la Ligue des Champions, pour un promu. En capitalisant, même dans la douleur, une sixième victoire de rang à la Mosson, contre un relégable, Montpellier se rapproche des 42 points synonymes de maintien, mais surtout continue sa percée sans complexe, dans la première moitié du classement. Tout n'a pas été parfait, loin de là, mais le MHSC possède ce brin de réussite nécessaire, cette combativité qui fait la petite différence, et qui plonge encore un peu plus les Manceaux vers les abimes de la Ligue2.
Habitués à marquer en seconde période, les Pailladins ont démarré très fort, grâce à un bijou d'AïtFana dès la 12eme minute. Yangambiwa lance en profondeur l'International Espoirs côté droit. En un coup d'œil, AïtFana voit Makaridze avancé et place une magnifique balle piquée à l'entrée de la surface, qui finit sa course immaculée dans les filets manceaux. (1-0), Montpellier part fort, très fort et profite des boulevards laissés par une défense apathique. Une frappe de Costa dès 25 mètres détournée par le gardien, un tir en angle fermé de Camara dévié en corner, le MHSC domine un adversaire replié, seulement dangereux par l'excellent Le Tallec.
Montpellier gère tranquillement son avantage et comme face à St Etienne va se retrouver en supériorité numérique, lorsque Dossevi est expulsé juste avant la pause, pour un coup de coude sur Jeunechamp (involontaire?) lors d'un duel aérien. A onze contre dix, les Pailladins n'en profitent pas et préfèrent attendre les Manceaux, au lieu de marquer le deuxième but libérateur. Attentistes, fébriles en défense, les Héraultais reçoivent deux avertissements en moins de dix minutes: une tête de Maïga bien captée par Jourdren, et surtout un énorme raté de Loriot seul au point de penalty après un centre de Le Tallec. Montpellier est puni logiquement de sa passivité à la 62eme, lorsque Le Tallec oublié par Spahic, reprend victorieusement de la tête un coup franc de Corchia.
A (1-1), René Girard fait rentrer Lilian Compan, alors que Le Mans se montre menaçant sur chaque coup franc. Montpellier met cinq minutes à repartir de l'avant, et redevient enfin créatif et dangereux. Une première frappe non cadrée de Compan sur un centre de Camara à la 71eme minute comme première semonce, et le but de la victoire inscrit 120 secondes plus tard. Pitau transmet à AïtFana côté gauche dans la surface. Karim se joue de Corchia et centre de l'extérieur du pied. Son ballon détourné est smashé sur la ligne de but par Compan, en vrai renard des surfaces. (2-1), le MHSC respire mais n'en finit pas de souffrir.
Jourdren sauve la maison en claquant une magnifique aile de pigeon de Le Tallec, avant qu'une frappe vicieuse croisée de Lamah file au ras de son poteau. Le MHSC tient sa huitième victoire de la saison, et peut exulter dans les vestiaires, Loulou grand animateur des réjouissances. Après deux semaines de grippe, l'état de forme des Pailladins inquiétait. Les hommes de René Girard ont répondu sur le terrain, et peuvent aller à Toulouse sans aucune pression.
L'homme du match AïtFana 7 Un but de génie, une passe décisive, AïtFana a été dans tous les bons coups sur son côté. Vif, rapide, et de plus en présent dans la récupération, Karim prend du volume et de l'assurance. Son troisième but de la saison est un chef d'œuvre.
Jourdren 6,5 Yangambiwa 5 Spahic 5 Dzodic 5 Jeunechamp 5,5 Un arrêt décisif devant Le Tallec en fin de match, une sortie dans les pieds précieuse en première période, et une présence affirmée dans les airs, Jourdren est irréprochable sur le but manceau, et a réalisé une magnifique performance. Il monte lui aussi en puissance. Yangambiwa est auteur d'une quasi passe décisive pour AïtFana, mais a laissé beaucoup trop d'espaces sur son côté en seconde période. Le Tallec, Lamah se sont infiltrés dans les boulevards. On l'a connu plus inspiré. Idem pour Dzodic et Spahic, fébriles sur coups de pied arrêtés en seconde période, Le Tallec se jouant de Spahic. Une tendance à abuser des passes en retrait et à ralentir la relance. Que d'espaces laissés aux Manceaux en fin de match. Jeunechamp est sorti en début de seconde période prématurément, conséquence du coup de coude de Dossevi. Un match plutôt sérieux, avec néanmoins un mauvais alignement en première période.
Pitau 6,5 Marveaux 5,5 Costa 5,5 Un gros match de Pitau, qui a éclairé le jeu, avec cette ouverture pour AïtFana sur le second but. Pitau a été l'auteur d'une série de dribbles magnifiques en seconde période grillant trois manceaux. Le pilier de l'ombre comme L'Equipe le décrivait. Marveaux est toujours aussi volontaire, abat beaucoup de terrain, mais manque parfois de lucidité en phase offensive. Costa n'a pas été immense, mais a apporté la touche technique qui avait fait défaut contre Lille. Un match honnête.
Belhanda 5 Camara 5,5 AïtFana 7 Belhanda a été bon sur son côté en première période, mais baissant de régime très rapidement, trop rapidement. Il lui manque cette capacité à repiquer vers le but, comme peut le faire AïtFana. Camara a fait du Camara. Un joueur très courageux, premier relais de l'attaque, sans pour autant se créer de réelles occasions. Deux frappes, une par mi-temps.
Les remplaçants Collin 6 Compan (non noté) Saihi (non noté) Une bonne rentrée de Collin, combinant habilement avec AïtFana, sérieux sur son côté. Une valeur sûre. Compan a marqué son deuxième but de l'anneé. Quasi exceptionnel pour un joueur trop peu utilisé. C'est LE vrai avant-centre, le joueur capable de marquer des buts de renard. En vingt minutes, il a tenté une déviation non cadrée, marqué un but, plaçait une autre frappe en pivot. Une grosse rentrée. Saihi a été plutôt bon, en remplaçant de Marveaux, pour tenir le ballon en fin de match. |