 Nicollin prend du ferme
Le Conseil National d'Ethique a frappé fort. Louis Nicollin pour avoir traité Benoît Pedretti de petite tarlouze, a été suspendu de fonctions officielles pendant deux mois, écopant en plus de deux autres mois de sursis. Lourd, très lourd pour de simples paroles. Les excuses prononcées dès le lendemain, par le président pailladin, n'auront donc servi à rien.
On le disait inutile, fantomatique, assimilé à une vaste supercherie. Le Conseil National de l'Ethique crée en 2002, a frappé un grand coup médiatique en s'en prenant à un petit club. La suspension de deux mois de Louis Nicollin pour une simple phrase, certes déplorable et regrettable, est une sanction lourde, trop lourde, et complètement disproportionnée au regard de l'impunité dont jouissent les grosses écuries de notre championnat (PSG, OM et Lyon).
Quels sont les faits d'arme de ce conseil? Avoir retiré un point à l'OM et au PSG après que le club phocéen ait envoyé sa réserve au Parc, les deux meilleurs ennemis ne trouvant pas un arrangement pour le déplacement des supporters olympiens. Sanctions immédiatement retirés par la Commission Supérieure d'Appel de la FFF. C'est d'ailleurs une des grandes arnaques de notre méandre disciplinaire. A l'image des points enlevés puis remis à Bastia après les affaires de racisme en 2008 et l'affaire foireuse de la banderole accouchant d'aucune sanction, les clubs ont un arsenal de possibilités pour ajourner les différentes condamnations. Espérons que les avocats pailladins conseillent rapidement à Nicollin de faire appel.
Autre condamné, le Grenoblois, David Jemmali qui avait publiquement affirmé que l'arbitre M.Coué était l'un des plus mauvais du championnat. Il écope d'un match de suspension avec sursis pour avoir brocardé un arbitre classé parmi les cinq derniers de la Ligue1. Comme si le conseil ne s'attaquait qu'aux petits clubs. Qu'est-il advenu de Kombouaré et de Christian Gourcuff convoqués pour s'être balancés par presse interposée des amabilités au sujet de Claude Makélélé? Enfin pourquoi ne pas avoir condamné Rudy Garcia, coupable de s'être rendu dans le vestiaire pour mettre la pression à un arbitre à la mi-temps de Boulogne - Lille?
On n'osera même pas évoquer le cas de Jean-Michel Aulas. Le président lyonnais devrait figurer au tableau d'honneur du conseil, lui qui en cas de défaite a toujours eu une petite phrase assassine à l'encontre des arbitres, des médias ou des adversaires. Lui qui, par le passé, passait des semaines entières à attiser les supporters et les dirigeants adverses, la veille des derbys contre St Etienne ou des chocs contre l'OM. Sûrement trop puissant et trop important pour être jeté en pature aux décisions fantasques d'un conseil en mal de reconnaissance. |