 L'indifférence médiatique est-elle préférable?
Tiens, les médias nationaux s'interessent un peu à Montpellier. Stade2 à Saint Gabriel, un duplex dans le désespérant Canal Football Club, le co-leader de la Ligue1 fait parler de lui après un sixième succès en sept rencontres. Doit-on pour autant s'en réjouir, ou le MHSC n'est-il pas plus serein lorsque les médias ne se focalisent que sur Lyon, Bordeaux, Marseille et le PSG? Si Montpellier ne pourra plus se cacher indéfiniment et sera attendu au tournant à Rennes, la semaine de Ligue des Champions permettra encore aux hommes de René Girard de jouir d'un anonymat sûrement bénéfique.
Montpellier possède un avantage de poids avec Louis Nicollin. En un seul mot, une seule mimique, une seule expression fleurie, Loulou fait rire les médias nationaux et focalise les objectifs et articles sur sa personne laissant à l'abri ses joueurs. On ne parlera pas de Spahic, de Costa, du coaching de René Girard, mais du retour d'un football de clocher, d'un temps désuet où la femme du président tenait la buvette, où le mot famille n'est pas galvaudé pour définir le club. Un vent de nostalgie accompagne les résultats exceptionnels du MHSC. Un souffle agréable qui rappelle à la France du football, le parcours sans complexe des Nancéens en 2007, terminant quatrièmes, après avoir occupé le podium pendant une trentaine de journées.
Depuis quand Stade2 n'avait pas consacré un quart d'heure au MHSC? La montée en Ligue1? Le sauvetage de 2007 made in Courbis? Pas sûr. Pour retrouver trace d'un moment de gloire pailladin, il faut remonter à l'été 2003 où Gérard Bernardet avait tenu à honorer sa promesse en allant à Lourdes à vélo, pour fêter un maintien miracle. Loulou dans la voiture suiveuse, Bernardet à la Grotte avec le maillot jaune, la France avait souri de cette histoire truculente, collant si bien à l'image pittoresque du club héraultais. Savourons ces quelques instants de gloire, mais n'oublions pas que l'essentiel est ailleurs: prendre les 42 points le plus rapidement possible, pour s'offrir d'autres ambitions et pimenter la fin de saison.
Montpellier sera observé réellement pour la première fois de la saison à Rennes. Les victoires obtenues contre des équipes de second rang, la défaite à Marseille considérée comme logique contre un gros calibre, Montpellier n'a pour l'instant pas crevé l'écran. Au stade de la Route de Lorient contre une équipe visant les cinq premières places, en panne depuis trois matchs, Montpellier passera au révélateur. La surprise de l'été prendrait du corps en cas de succès en Bretagne, une défaite rappelerait un effectif à la réalité d'un calendrier délicat. Alors qu'à la moindre fausse note, les dents grincent à Lyon, Bordeaux, Marseille, Paris ou St Etienne, Montpellier replongerait immédiatement dans l'anonymat, sans soulever les interrogations et les inquiétudes.
Comment Montpellier gèrera ce moment éphémère de gloire? L'attitude d'un groupe sombrant dans la facilité pendant dix minutes samedi soir, sera à observer. Le MHSC ne pourra pas se permettre de se voir trop beau à Rennes sous peine de désillusion immédiate. Alain Perrin résume d'ailleurs parfaitement le phénomène héraultais: "Cette équipe n'est pas une formation de Ligue2. Ils ont de bons joueurs de Ligue1 et un supplément d'âme pour aller chercher un résultat". Que Girard continue à inculquer cette grinta et cette envie permanente de se dépasser. Que Loulou continue à protéger ses joueurs en sortant deux ou trois jurons dont les médias sont friands. Le MHSC doit continuer à évoluer dans l'ombre en espérant qu'une tempête médiatique n'agite pas le club à l'ouverture du mercato hivernal. |