 Les dessous du déplacement à Nice, au Stade du Ray
Partis en bus au milieu de la journée, ce samedi 29 août 2009, plusieurs dizaines de supporters héraultais ont rejoint Nice pour le Stade du Ray, où un match explosif dans tous les sens du terme s'est tenu. Reportage.
Pour le compte de la quatrième journée de Ligue 1, les pailladins faisaient escale à Nice pour un match jugé à « haut risque » par la Ligue.
Une heure avant le coup d’envoi, les Armata étaient les premiers à pénétrer dans l’enceinte niçoise. Après une fouille poussée jusqu’à la confiscation des briquets, ils rejoignaient ensemble la tribune, sous de timides huées niçoises. La Butte Paillade arrivait ensuite avec, comme cadeau de bienvenue une fouille tout aussi poussée, et, pour chacun, une photo d’identité obligatoire prise par la police scientifique. Le ton était donné, la sécurité était sur ses gardes. Un montpelliérain sera d’ailleurs interpellé à l’entrée de la tribune pour avoir tenté d’introduire un fumigène. A quelques instants du début de la rencontre, la BP91 faisait son apparition dans le parcage. Fort de ses 248 équipiers (chiffre officiel communiqué par la LFP), le navire pailladin pouvait prendre la mer. Et dès le début du match, à peine les amarres larguées, Geoffrey Dernis faisait prendre un départ tonitruant au bateau montpelliérain. Poussé par cette ouverture du score, le parcage visiteur s’enflammait. Fumigènes, pogos, chants, les visiteurs s’en donnaient à cœur joie. Ils chambraient même les locaux sur des chants tels que « le stade avec nous » ou avec des « on est chez nous », obligeant les azuréens à riposter par des huées. La mi-temps était sifflée, les matelots pouvaient aller se ravitailler sous bonne escorte.
En début de seconde période, la défense niçoise prenait l’eau sur un rush de Montaño. Le parcage chavirait… de bonheur. Montées aux filets, pogo, fumigène, la tribune visiteur était même à la limite de céder quand tous les pailladins sautaient de bon cœur sur les installations métalliques d’un Stade du Ray obsolète.
La situation allait ensuite se dégrader… Une troisième bombe agricole était lancée depuis le milieu du parcage et explosait en contrebas de la tribune. Le match était immédiatement interrompu. La crainte d’une interruption définitive de la rencontre refroidissait les esprits mais n’empêchait pas les montpelliérains de chanter. Les joueurs venaient ensuite vers le parcage. Jeunechamp, Marveaux, Pionnier, Costa et d’autres tentaient de calmer la situation. Et quand celle-ci semblait se calmer après les fermes mises en garde des « capos » des deux groupes, les forces de l’ordre allaient la dégrader. Des dizaines de CRS pénétraient dans le parcage jusqu’en haut de la tribune. La sécurité du MHSC était même obligée de déserter le parcage pour se rendre sur le terrain dans une confusion surprenante. Petit à petit les CRS obligeaient les montpelliérains à se regrouper tout en bas de la tribune, avec plus ou moins de violence. Encadrés comme du bétail, certains supporters essuyaient quelques coups de matraque. En faisant croire à un retour en tribune après une fouille à l’extérieur, le mensonge des CRS permettait une évacuation totale du parcage dans un calme relatif pendant que le match reprenait. Les héraultais baissaient donc pavillon après quelques chants pro-ultras, repris par les Niçois, qui, malgré les rivalités, faisaient ici preuve de solidarité.
La dernière demi-heure de la rencontre fut donc suivie de derrière les tribunes. Des chants étaient tout de même lancés, même si la confusion régnait. Quelques minutes après, un responsable de la sécurité du MHSC, depuis le bord du terrain, faisait un signe. Il ne mit pas longtemps avant d’être interprété. Il signifiait le troisième but du MHSC. Un pogo était improvisé pour l’occasion, à l’arrière de la tribune désertée. Mais à une dizaine de minute de la fin de la rencontre, les pailladins, visiblement dérangeants, se faisaient sortir du stade, parfois avec violence. A l’extérieur, certains remontaient dans les bus pendant que d’autres tentaient de suivre la fin du match comme ils le pouvaient. Radio et portable étaient les bienvenus pour confirmer la victoire écrasante du MHSC.
Après de longues minutes d’attente, les bus avaient enfin l’autorisation de s’en aller, sous bonne escorte, dans une ambiance tout de même particulière… Une chose est sûre, après cette escale à Nice, ce bateau pailladin, même mis en difficulté, n’a pas fini de naviguer…
De Nice, Florian. |