 Simplement résigné
La colère et la réaction de Louis Nicollin étaient attendus après les deux fiascos nîmois et lensois. Loulou qui avait fait courir le bruit de couper la tête de Courbis en cas de défaite lundi, s'en prend plus à ses joueurs qu'à son entraîneur, démentant au passage la venue de René Girard.
Louis Nicollin doit aimer le tango: un pas en avant, un pas en arrière. Il enflamma le club, il y a trois semaines, en médiatisant la future succession de Courbis, et en laissant journalistes et supporters jouer aux devinettes, et corrober à la venue du duo Emile-Girard. Il poussa un coup de gueule contre Courbis après la défaite de Bastia, le traitant au passage de pipe, ses joueurs ne possédant que deux olivettes à la place de leurs testicules.
Dix jours après la déroute nîmoise, et 48 heures après avoir annoncé au micro d'Eurosport avant le coup d'envoi du match de Lens qu'il ne croyait plus à la montée, il s'en prend une nouvelle fois à ses joueurs, démentant la venue de René Girard, dédouanant Courbis de toute responsabilité dans l'échec d'une saison pourtant encore inachevée.
Louis Nicollin n'est pas un président comme les autres, et sa communication est aussi incontrôlable qu'incompréhensible. Autant sa gouaille et ses expressions pagnolesques font sourire, autant ses déclarations d'après match cette fois-ci frisent le degré zéro.
Evidemment les joueurs ont leur part de responsabilité, et ils sont les seuls à courir sur le terrain. Mais les erreurs de Courbis dans son coaching et dans sa gestion du groupe ont fortement contribué à cet échec collectif. Tous coupables: joueurs, entraîneur, dirigeants. Loulou aurait du passer outre son orgueil après la défaite aux Costières pour remobiliser l'ensemble de ses troupes pour la venue de Lens, au lieu de bouder dans son coin, comme un gamin ayant cassé son jouet. Cette part incontrôlable d'affectif dans sa gestion du club lui joue chaque saison des mauvais tours.
Aujourd'hui la montée n'est plus qu'un lointain rêve, et si mathématiquement tout est possible, personne au sein du club ne croit encore décrocher l'un des trois tickets pour la Ligue1. Comment alors vont alors se dérouler ces six dernières rencontres? En roue libre entre des joueurs rêvant d'un transfert, un entraîneur sur le départ, un Michel Mézy poussé vers la sortie, et un Loulou s'en contrefoutant?
Le MHSC doit donc rapidement procéder à un grand nettoyage estival, préparer 2009-2010 et se souvenir aussi que son prochain adversaire n'a jamais digéré son cuisant échec, l'an passé. Troyes se voyant en Ligue1 se retrouve un an plus tard au bord du précipice, en chute libre vers le National. Que le prochain entraîneur soit connu et qu'il puisse se mettre illico au boulot.
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