Salut Grégory, on a entendu à la radio qu'il y avait beaucoup de bruit dans le bus après le match de Boulogne.
C'est vrai qu'il y avait une super ambiance. Nous avions deux heures de trajet entre Boulogne et Paris, et nous étions heureux. C'est toujours comme ça les soirs de victoire.
Comment abordiez-vous ce match? On a l'impression qu'un match nul au coup d'envoi aurait été satisfaisant?
Après quinze jours de coupure, et un mois de janvier très éloigné de nos objectifs de montée, nous y allions pour faire un coup et pour gagner.
Comment expliques-tu ce scénario assez bizarre et des Boulonnais complètement KO après seulement deux minutes?
Ils ne s'attendaient évidemment pas à ce début de match, et ils ont eu les jambes coupées. Maintenant nous avons eu beaucoup de réussite, il faut le reconnaître. Mais nous sommes allés chercher les coups francs et les corners, et nous ne les avons pas obtenus par hasard.
Que s'est-il passé pour toi au mois de janvier qui explique cette baisse de régime? Courbis a parlé des vacances en Argentine de Costa, du match de Montaño avec sa sélection entre Noël et jour de l'an comme causes probables?
Je pense qu'on s'est vu beaucoup trop beau à la trêve. On s'impose à Lens, on gagne facilement à Ajaccio, on se retrouve sur le podium et on poursuit alors une dynamique magnifiqe. La trêve est tombée au mauvais moment.
C'est vrai que la majorité des supporters a réellement commencé à y croire et s'est aussi enflammée pendant les vacances de Noël, tu l'as ressentis?
Oui, évidemment. Il y a une telle attente depuis de nombreuses saisons, que les gens se sont vus aussi en Ligue1. Mais moi le premier, j'ai fait la même erreur.
Il y a eu cette élimination en Coupe contre Dunkerque qui aurait pu être un signal d'alarme?
Michel Mézy est venu nous faire une piqure de rappel après ce match, mais il faut croire que ça n'a pas suffi. Après contre Tours on réalise un match moyen, et Amiens nous avons été ridicules. Peut-être que c'est l'électrochoc nécessaire pour qu'on reparte de l'avant, et qu'on retrouve notre niveau de décembre.
Quelle valeur a pour toi au final ce succès contre Boulogne?
Nous n'avons pas le temps de nous emballer, nous nous sommes projetés immédiatement sur le match de Reims. Il nous faut fructifier cette victoire par un gros match à la Mosson contre Reims, sinon ça n'aura pas à servi à grand chose.
Vous restez sur quatre matchs décevants à la Mosson (Guingamp, Cannes, Dunkerque et Tours), et semblez plus à l'aise à l'extérieur, y a-t-il un problème à domicile?
Je pense que nos adversaires sont beaucoup plus méfiants chez nous qu'ils le sont à Lens ou à Strasbourg. Je crois qu'il y a une volonté de faire un gros coup chez l'un des anciens clubs de Ligue1. Le Coach et le président sont des symboles du foot français, et les équipes veulent briller contre eux.
Vous êtes à la recherche d'un match référence à la Mosson?
Oui, il nous faut faire un gros match. Mais nous sommes dans un championnat tellement bizarre, que l'on peut se faire peur, prendre un but en contre ou sur corner à n'importe quel moment.
Penses-tu qu'il y a un effet Luis à Reims, et que penses-tu de ce match entre Luis et Courbis, les commentateurs sur RMC?
Luis Fernandez est un entraîneur comme Rolland qui sait transcender son groupe, et les tirer vers le haut. Maintenant si l'effet Luis est considérable, je pense qu'ils signeraient de suite ce soir, pour venir prendre un point à la Mosson. Reims est une équipe en difficulté qui a un besoin indispensable de glaner des points. Pour ce qui est de l'affrontement Courbis - Luis, ça n'a aucune influence sur nous. Nous savons bien qu'à l'approche du match on parlera plus du duel entre les deux que d'un match entre Montpellier et Reims. Maintenant nous nous préparons pour gagner et nous hisser dans les trois premiers.
On vous sait capable de réaliser des matchs splendides et d'exploser des équipes comme Troyes, Boulogne ou Reims, mais aussi de patauger et réaliser des matchs plus que moyens contre Guingamp, Nîmes ou Dijon, comment expliques-tu cette irrégularité?
Je crois que le principal adversaire dans ce championnat, c'est nous-mêmes. Nous avons un groupe de qualité qui se situe parmi les meilleurs de Ligue2, avec des joueurs d'un excellent niveau qui ne sont même pas dans les seize. Nous savons que nous sommes capables de réaliser des gros matchs, mais nous avons c'est vrai des problèmes de relachement. Il faut que nous gardions notre niveau de jeu constant jusqu'à la fin de la saison.
Tu dois être au courant, mais cette inconstance est le principal défaut du club, depuis de nombreuses saisons. Il y a pourtant des joueurs expérimentés dans cet effectif pour éviter ces sautes de forme et parvenir en Ligue1?
Oui, je ne suis au club que depuis un an et demi, mais c'est ce que tout le monde dit. Nous avons eu aussi une piqure de rappel après Amiens par Michel Mézy qui a relayé les propos de Louis Nicollin, et peut-être que de nous faire recadrer, nous permet de repartir pour une nouvelle série.
On a l'impression qu'il faut une gueulante pour que vous soyez de nouveau efficaces comme après le match de Dijon ou le derby contre Nîmes.
Je veux bien une gueulante et nous faire botter les fesses tous les quinze jours si nous montons en Ligue1 à la fin de la saison.
Ne crois-tu pas que Loulou a son importance dans ces périodes de relachement lui qui comme après la victoire en septembre contre Reims a annoncé haut et fort que le club visait la montée?
Le Président est comme ça, c'est un passionné qui aime son club, il faut le comprendre. Il se fait chier depuis la descente en Ligue2, ça fait trop longtemps que ça dure.
Mais comment expliques-tu concrètement ces baisses de régime?
Je crois que dans un collectif dès qu'un ou deux joueurs baissent de régime ou se voient arrivés, l'effet de boule de neige est immédiat et tout le groupe est tiré inconsciemment vers le bas.
On va parler un peu de toi et revenir d'abord sur ta saison dernière, comment expliques-tu ta baisse de régime durant l'hiver après un début de saison explosif?
En arrivant à Montpellier, je n'avais que très peu joué pendant deux saisons, enchaînant rarement les rencontres. En trois mois j'ai joué autant de match que durant les deux années précédentes. C'est donc logiquement que j'ai connu un gros coup de barre.
Le penalty raté contre Paris en coupe de la Ligue a-t-il eu son influence?
Peut-être, mais c'est vrai que dès je ne réussis pas quelque chose, je m'enerve rapidement, et ce penalty n'a rien arrangé.
Tu finis l'année super fort avec ce but magistral à Nantes, mais comment juges-tu ce début de saison?
Moyen. Je fais une super préparation avec de gros objectifs, mais je me blesse deux jours avant de jouer à Strasbourg. Je manque les trois rencontres suivantes et au bout de dix minutes je me fais expulser contre Metz. C'est mon tempérament, je suis un joueur impulsif.
On a le sentiment que tu as lancé ta saison après ton but contre Nîmes?
J'ai été accueilli les bras ouverts dans ce club par tous les dirigeants qui m'ont fait confiance. J'avais à coeur de briller pour le derby. C'est vrai que je démarre ma saison sur ça et que je fais un bon mois de décembre.
Le statut de joker ne te pèse pas?
Si, évidemment. Mais c'est le Coach qui décide. Rolland est l'entraîneur qui m'a fait démarrer en pro à dix-huit ans à Ajaccio, et qui m'a fait venir ici, alors nous nous connaissons bien et c'est lui qui décide. Maintenant je suis un compétiteur et j'ai envie de finir très fort la saison et emmener le MHSC en Ligue1.
Tu véhicules l'image d'un joueur fragile, un petit gabarit ultra technique qui a du mal à tenir les 90 minutes?
Fragile, je ne pense pas. Maintenant c'est sûr qu'aujourd'hui, je suis incapable de tenir 90 minutes de haut niveau. J'ai besoin d'enchaîner les rencontres pour tenir plus longtemps.
Ce n'est pas évident de jouer dans un championnat où les adversaires sont souvent plus que rugueux et où Rolland t'a souvent préservé même quand tu explosais au mois d'août 2007?
Rolland est très clair avec moi. Il vaut mieux que je joue une heure à fond et que je sorte, que de végéter une demi-heure de plus sur le terrain. Après la Ligue2 est un championnat très engagée, et que la Ligue1 correspond mieux à mon style de jeu. Maintenant je suis en Ligue2, et c'est à moi de tout faire pour retrouver le plus haut niveau.
Quelle est l'ambiance dans le groupe?
On forme un super groupe, et c'est d'ailleurs pour ça que de ne pas monter consituerait une immense déception, à s'en mordre les coui...
Tu me disais que tu te sentais Pailladin? Quels sont tes contacts avec les supporters? Dès ton arrivée tu es devenu le chouchou de la Mosson?
Mon adaptation a été immédiate, c'est vrai. Dès que possible je vais donner mon maillot à la Butte. On aura d'ailleurs besoin de tout le monde pour remonter. Je ne suis là que depuis un an et demi, mais j'ai l'impression d'être au club depuis cinq ans. Ma fille se régale ici, ma femme et moi ne connaissions pas la région et nous nous sentons très bien ici. Pour finir quel serait pour toi le titre de l'interview?
C'est tous ensemble que nous remonterons.
Propos recueillis par bertrandm34 - Date : mercredi 04 février 2009
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